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Bulletin Quotidien Europe N° 10150
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/rÉgions

Pour les régions et les villes, la stratégie UE 2020 n'a pas les moyens de ses promesses

Bruxelles, 01/06/2010 (Agence Europe) - Dans leur réponse très critique à la consultation sur la stratégie UE 2020 qui s'est déroulée du 10 mars au 28 avril 2010, une très grande majorité des villes et régions croient que le projet EUROPE 2020 n'est pas, en l'état actuel, à la hauteur de ses ambitions. Les 90 autorités locales et régionales de 21 États membres doutent en effet des nouvelles actions et instruments politiques de cette stratégie. Ils critiquent aussi le manque de temps pour qu'une décision coordonnée soit prise par tous les niveaux de gouvernements et par d'autres acteurs concernés pour que cette stratégie soit mise en œuvre de manière efficace. Telle est la teneur de la lettre envoyée lundi 31 mai par le premier vice-président du Comité des Régions (CdR), Ramon Luis Valcarcel Siso, au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, au Premier ministre espagnol José Luis Rodrigues Zapatero, au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au président du Parlement européen, Jerzy Buzek, ainsi qu'aux chefs d'État et de gouvernement en vue du Sommet européen des 17 et 18 juin. M. Valcarcel Siso demande au Conseil européen d'inviter tous les États membres à activer les instruments institutionnels existants pour impliquer leurs régions et villes dans l'élaboration des contributions nationales aux objectifs et initiatives phares européens ainsi que dans les projets des programmes de réforme nationaux.

Dans sa lettre, M. Valcarcel Siso explique que, pour les villes et les régions, la stratégie UE 2020 ne pourra être un succès que si: (1) ses priorités, indicateurs et objectifs sont flexibles dans leur adaptation aux différences socio-économiques existantes ainsi qu'aux disparités entre les régions et les territoires ; (2) une nouvelle série d'indicateurs, complétant le PIB avec des mesures plus larges en matière de durabilité et de qualité de vie, sont utilisés comme instrument politique pour stimuler la croissance, en mobilisant les ressources locales ; (3) les initiatives phare sont utilisées comme une opportunité pour concentrer les Fonds européens existants sur un nombre limité de priorités ; (4) la réduction des charges administratives est une priorité ; (5) les politiques européennes, nationales, régionales et locales - y compris celles qui sont chapeautées par des groupes de régions et de villes (par exemple les Groupements européens de coopération territoriale /GECT, les macrorégions) - sont mises en œuvre de manière coordonnée et en toute synergie ; (6) on a une politique de cohésion renforcée pour tous les territoires européens.

Les conclusions de la consultation des villes et régions se font aussi l'écho de la résolution du 20 mai du Parlement européen sur « la contribution de la politique de cohésion à la réalisation des objectifs de Lisbonne et de la stratégie UE 2020 » (EUROPE n° 10143). Cette résolution appuie les demandes du Comité des Régions, en insistant pour que l'expérience et la contribution des villes et régions soient prises en compte dans la mise en œuvre de la stratégie UE 2020, notamment en ce qui concerne les changements climatiques et démographiques, l'intégration sociale et les investissements dans le développement économique durable, l'énergie, les transports, la gestion de l'eau, les soins de santé, etc. Elle indique que toute stratégie relative à la croissance et l'emploi doit être mise en œuvre en coopération avec les régions et les villes et propose que la Commission et le Conseil tiennent compte de l'avis du CdR sur cette stratégie 2020. (G.B.)

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