Bruxelles, 01/06/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, lundi 31 mai, d'ouvrir une enquête approfondie sur le projet de rachat des activités « soins de la personne et soins du linge » de Sara Lee Corp (États-Unis) par l'entreprise anglo-néerlandaise de biens de consommation Unilever, très active elle aussi dans ce secteur. Le premier examen effectué par la Commission a mis en évidence que l'opération pourrait donner lieu à des problèmes de concurrence sur plusieurs marchés de produits d'usage courant, comme les déodorants, les produits de nettoyage de la peau et de soin des tissus en ce qu'elle regrouperait plusieurs marques très importantes qui sont actuellement en concurrence.
En effet, l'opération engendrerait des parts de marché cumulées élevées dans plusieurs États membres et donnerait naissance à un leader incontesté du marché. Elle causerait par ailleurs la disparition d'une source importante d'approvisionnement sur plusieurs marchés des déodorants, des produits pour la douche et le bain et des produits pour le soin des tissus. À cet égard, l'enquête approfondie permettra à la Commission de vérifier que l'opération envisagée n'entraînera pas à terme des hausses de prix pour les consommateurs finals.
Rappelons que le projet de vente de l'entreprise Sara Lee Household and Body International par le groupe américain Sara Lee à Unilever NV et Unilever Plc avait été notifié le 21 avril à la Commission et que celle-ci devra établir avant le 5 octobre 2010 (délai de 90 jours ouvrables) si l'opération entrave ou non de manière significative le jeu de la concurrence dans l'Espace économique européen. À cet égard, les parties n'ont jusqu'à présent proposé aucune solution pour apaiser les craintes de la Commission.
Cette enquête est distincte de celle en cours à propos du projet de rachat de la branche « désodorisants » de Sara Lee par Procter & Gamble (EUROPE n° 10111). Cette enquête a été lancée à la demande de plusieurs autorités nationales de la concurrence. Dans ce dernier cas, le délai pour la décision de phase I est fixé au 17 juin. (F.G.)