Madrid, 16/04/2010 (Agence Europe) - Si nous construisons un système de supervision et de prévoyance efficace, « je tiendrai compte de cela dans les exigences et le calibrage des futures règles de Bâle » qui imposeront des exigences accrues en fonds propres pour les banques, a déclaré le commissaire chargé du Marché intérieur, Michel Barnier, vendredi 16 avril à Madrid en marge de la réunion informelle du Conseil ÉCOFIN. Garantissant qu'il y aura des obligations supplémentaires en capital pour les banques, il a reconnu que « toute la question (était de savoir) où on met le curseur ». Et d'insister sur la prise en compte des travaux spécifiques menés dans les instances internationales.
Organisée à la veille de la réunion informelle, une conférence du think tank français EUROFI a focalisé son attention sur les propositions législatives européennes sur la réglementation bancaire, certaines déjà sur la table (proposition de directive « Bâle III » augmentant les exigences en capital pour les produits financiers du portefeuille de négociation), d'autres en préparation (proposition de directive « Bâle IV » introduisant le provisionnement dynamique et imposant du capital de meilleure qualité). Nous avons besoin de « plus de réglementation » en matière de fonds propres et de gestion des liquidités, a admis le président d'EUROFI, Jacques de Larosière, en présentant les résultats de la conférence. « Imposer plus de capital a un coût », a-t-il néanmoins souligné, se faisant l'écho d'une industrie financière fortement préoccupée par l'impact du tour de vis réglementaire en cours de préparation. Selon le président du groupe d'experts ayant conseillé la Commission européenne sur la révision du système européen de supervision financière, il convient de « trouver l'équilibre juste et délicat » permettant de renforcer de la résilience du système financier sans miner la capacité des banques à prêter à l'économie réelle et donc, in fine, gripper un des moteurs de la reprise économique. En Europe, les entreprises trouvent des financements à 70% auprès des établissements de crédit, le reste étant trouvé sur les marchés financiers. Les proportions sont inversées aux États-Unis. (M.B.)