Bruxelles, 17/03/2010 (Agence Europe) - En se prononçant sur les aspects environnementaux de la stratégie « UE 2020 », la nouvelle stratégie pour la croissance et l'emploi, le Conseil Environnement a formulé, lundi 15 mars à Bruxelles, sa contribution au Conseil européen des 25 et 26 mars que le Conseil Affaires générales consolidera le 22 mars prochain en intégrant toutes les contributions des autres formations compétentes du Conseil. Rappelons que la stratégie UE 2020 vise une croissance intelligente, une croissance durable et une croissance inclusive.
Les ministres de l'Environnement ont salué le fait que la durabilité soit l'une des priorités de cette stratégie et que la mise en œuvre des objectifs déjà existants en matière de lutte contre le changement climatique et d'énergie (une réduction de 20% des émissions de CO2 par rapport à 1990, d'ici à 2020, 20% d'économies d'énergie et une part de 20% d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l'UE à la même échéance) y figure comme l'un des objectifs phares. Quelques délégations ont toutefois appelé à renforcer la dimension environnementale de la stratégie.
Les 27 estiment que la gestion de la stratégie devra tenir pleinement compte de la contribution de la politique environnementale à la création d'une économie verte et innovante. Ils sont unanimes à vouloir que le Conseil Environnement soit impliqué de manière constante dans la mise au point et la mise en œuvre de cette stratégie.
Nombreux sont les ministres à avoir insisté sur les multiples opportunités, en termes d'emploi et de croissance équilibrée et durable, qu'offrent les politiques de protection de l'environnement, qu'il s'agisse de lutte contre le réchauffement, de préservation de la biodiversité, ou de l'utilisation durable des ressources naturelles pour n'en citer que quelques-unes. Tous ont fait valoir que la politique européenne de l'environnement est l'une des solutions pour s'attaquer à la crise économique actuelle, et que l'efficacité des ressources et la consommation durable ont un rôle décisif à jouer, non seulement pour atteindre les objectifs climatiques de l'UE mais aussi pour garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique et préserver la compétitivité européenne.
Partant, le Conseil Environnement estime que l'intégration des préoccupations environnementales dans toutes les politiques sectorielles pertinentes est le meilleur moyen d'atteindre les objectifs avec un bon rapport coût/efficacité. Les ministres de l'Environnement considèrent que les instruments de marché sont des outils dotés d'un fort potentiel pour renforcer les bénéfices réciproques à retirer des politiques économiques et environnementales. L'importance de la complémentarité entre ces politiques et la stratégie de développement durable, ainsi qu'avec les instruments financiers de la cohésion et de la politique régionale, a également été soulignée.
La demande de la délégation française en faveur d'une réforme de la politique européenne de concurrence pour permettre les aides d'État à la croissance verte, n'a pas reçu d'appui. « Il n'y aura pas de croissance verte s'il n'y a pas une modification en profondeur pour atteindre nos objectifs. On ne fait pas de la croissance verte uniquement en définissant des normes. Nous n'avons pas les mécanismes pertinents pour les objectifs que nous nous assignons », avait expliqué à la presse le ministre français Jean-Louis Borloo. (A.N.)