Bruxelles, 17/03/2010 (Agence Europe) - Le président du Forum sur la stabilité financière (FSF), Mario Draghi, a souligné, mercredi 17 mars, l'importance pour les gouvernements de prendre à bras le corps le problème des institutions financières trop grosses pour faire défaut (« too big to fail »), lors d'une audition du Parlement européen sur la réglementation financière en présence des parlements nationaux. Cette question est importante parce que de telles institutions financières, sachant que les pouvoirs publics viendront toujours à leur secours, deviennent « les dépositaires de risques inappropriés et mal valorisés », a-t-il expliqué. Il a évoqué trois mécanismes d'intervention possible. Les superviseurs devraient tout d'abord être en mesure de réduire l'étendue des dégâts causés par une faillite bancaire à travers, par exemple, la simplification de la structure des institutions financières concernées ou l'imposition d'obligations additionnelles en fonds propres. Même s'il reconnaît l'absence d'une mesure miracle valable en toute circonstance, M. Draghi est favorable à un cadre réglementaire minimal qui éviterait une course vers la juridiction la moins regardante. Insistant sur la nécessité qu'une institution financière puisse tomber en faillite, il a souligné l'importance de mettre en place des mécanismes autorisant une gestion ordonnée de crises. Si nous n'y parvenons pas, les gouvernements seront tentés de revenir à une fragmentation du marché au détriment de l'industrie financière internationale, a-t-il prévenu. Enfin, le président du FSF a plaidé pour la poursuite des travaux visant à limiter la contagion en cas de crise financière. « Nous avons vu la vitesse dramatique de la contagion » à travers des canaux tels que les marchés de « produits dérivés », a-t-il indiqué. Selon lui, accroître « la transparence » sur ces marchés représente « une des parties les plus importantes de notre travail » (voir autre nouvelle).
La Commission européenne organise, vendredi 19 mars, une audition publique sur la gestion de crise transfrontalière. « L'objectif est de définir ensemble les composantes d'un cadre européen de gestion des crises », a déclaré devant les députés le commissaire chargé du Marché intérieur, Michel Barnier, convaincu qu'un tel chantier « exigera de dépasser bien des égoïsmes nationaux ». Ce sujet, qui englobe la réflexion sur l'intégration européenne des systèmes de garantie des dépôts, sera à l'ordre du jour de la réunion informelle du Conseil ÉCOFIN. Sur le paquet législatif relatif à la supervision financière, le commissaire est d'avis que « le Conseil devra faire des concessions » et tenir compte de la position du PE. Il a souligné l'importance de bien calibrer, en termes de niveau d'exigence et de calendrier, les futures mesures qui imposeront aux banques de détenir « plus de capital et de meilleure qualité ». Enfin, il a estimé que la proposition initiale de la Commission européenne sur l'encadrement des fonds spéculatifs - qui prévoit l'octroi d'un passeport européen pour les gestionnaires et les fonds établis dans des pays tiers - était de nature à « constituer un instrument de convergence internationale, offrant plus de sécurité et de marché intérieur ». (M.B.)