Bruxelles, 17/03/2010 (Agence Europe) - S'exprimant lors d'une conférence de presse mercredi 17 mars à Beijing, l'ambassadeur de l'UE en Chine, Serge Abou, n'a pas fait de détours pour critiquer le protectionnisme croissant du géant asiatique contre les entreprises européennes. « Nous ne sommes pas protectionnistes. En Europe, nous n'avons pas de clauses sur une préférence indigène, et nous traitons nos compagnies et les compagnies étrangères sur un pied d'égalité. Une compagnie chinoise a remporté un marché public pour la construction d'une autoroute dans un pays européen (en Pologne, NDLR). J'aimerais que les compagnies européennes puissent construire des autoroutes dans les provinces chinoises », a-t-il déclaré, soulignant la préoccupation des entreprises européennes, qui font face à des procédures de plus en plus complexes, aux délais très longs et coûteux, comme le certificat ministériel CCC (Chinese compulsory certificate), avant de pouvoir exporter en Chine. « Si vous êtes une PME, vous vous laissez décourager par tout cela et vous préférez renoncer au marché chinois, et ceci veut dire protectionnisme. Nous voudrions que la Chine simplifie, encore mieux, supprime ces obstacles », a insisté M. Abou. En revanche, l'ambassadeur de l'UE a critiqué « les pressions au mégaphone » sur la Chine en vue d'une réévaluation de sa devise, le yuan, disant leur préférer « des discussions sur le taux de change à huis clos ». M. Abou a par ailleurs insisté sur la volonté de l'UE de poursuivre son dialogue avec la Chine en vue d'une coopération renforcée, axée sur l'énergie, le climat et l'environnement. Il a aussi annoncé la visite du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et de son commissaire au Commerce, Karel De Gucht, le 29 avril à Beijing. (E.H.)