Strasbourg, 17/12/2009 (Agence Europe) - Espérant une percée diplomatique qui permettrait de trouver une solution au cas d'Aminatou Haidar, le Parlement européen a décidé de ne pas se prononcer sur une résolution qu'il devait adopter jeudi 17 décembre dans l'après-midi. Le président du groupe S&D, Martin Schulz, a demandé à ses collègues de ne pas adopter ce texte, en affirmant avoir des informations laissant croire qu'une issue diplomatique pourrait être trouvée prochainement entre les autorités espagnoles et marocaines dans cette affaire. Selon lui, il est « utile que cette urgence soit enlevée de l'ordre du jour car tout débat supplémentaire ne ferait que compliquer le travail des diplomates », alors qu'en retirant cette résolution, « nous allons davantage contribuer à la solution ». Aussitôt soutenue par son homologue du PPE, Joseph Daul, cette démarche a suscité des protestations de la part de certains députés. La proposition visant à retirer ce dossier de l'ordre du jour a néanmoins été adoptée par 249 voix pour, 163 contre et 135 abstentions.
Toujours est-il que le temps presse. En novembre, Aminatou Haidar a été expulsée du Maroc au retour d'un séjour aux États-Unis où elle venait de recevoir un prix pour sa lutte en faveur des droits de l'Homme. Selon les autorités marocaines, elle a refusé de reconnaître sa nationalité marocaine en inscrivant comme lieu de résidence le Sahara occidental sur ses papiers d'identité. Privée de ses documents d'identité, elle fut renvoyée vers l'aéroport de Lanzarote en Espagne. Très affaiblie par une grève de la faim qui dure depuis une trentaine de jours, Mme Haidar a été hospitalisée dans la nuit de mercredi à jeudi. Avant cela, le Premier ministre espagnol avait dit espérer une solution « rapide et favorable » avec les autorités marocaines.
Dans sa résolution, le Parlement demandait au Royaume du Maroc de permettre, sans aucun délai, le retour au Sahara occidental d'Aminatou Haidar et de lui restituer ses documents. Les députés demandaient aussi d'envoyer une délégation du Parlement au Sahara occidental afin de constater sur place la situation des droits de l'Homme, comme au mois de janvier 2009. (A.B.)