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Bulletin Quotidien Europe N° 10026
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/commission

« échange de vues » de l'AFET avec Catherine Ashton le 2 décembre - Les Verts annoncent un dialogue « musclé »

Bruxelles, 24/11/2009 (Agence Europe) - Catherine Ashton, le futur Haut représentant (HR) pour les affaires étrangères et vice-président de la Commission, se présentera, mercredi 2 décembre, devant la commission des affaires étrangères (AFET) pour un « échange de vues » sur toutes les questions de politique internationale et de sécurité que les députés voudront aborder. Le président de l'AFET, Gabriele Albertini, a été chargé, lundi soir, d'adresser une lettre d'invitation à Mme Ashton. Il ne s'agirait pas d'une audition proprement dite car celle-ci n'aura lieu qu'en janvier quand tous les membres de la future Commission seront auditionnés par les députés, suivi d'un vote de confirmation sur l'ensemble de la Commission Barroso II.

« Je ne suis pas sûr que la messe soit dite. Nous allons avoir un dialogue musclé avec Mme Ashton le 2 décembre », a promis Daniel Cohn-Bendit, en répondant aux questions de la presse mardi. Pour le co-président des Verts/ALE au Parlement européen, qui doute de l'engagement de Catherine Ashton en faveur d'une politique étrangère européenne, « le problème de fond est assez grave ». « La Grande-Bretagne s'est battue contre la définition d'une politique étrangère, la Grande-Bretagne s'est battue pour que le poste de Haut représentant ne s'appelle pas ministre des Affaires étrangères », a insisté M. Cohn-Bendit, disant attendre que Mme Ashton ne soit pas la représentante d'une politique étrangère qui soit « la somme des politiques étrangères européennes », ni que ses prérogatives ne soient limitées à « l'espace que les souverainetés nationales veulent bien lui laisser ». L'élu écologiste a aussi vilipendé l'action de Mme Ashton au poste de commissaire au Commerce. Il lui reproche d'avoir affirmé lors de son audition l'an dernier que « commerce et droits de l'Homme n'ont rien à faire ensemble ». « Mme Ashton, qui vient d'un pays qui s'est battu pour obtenir une dérogation (opt-out) sur la Charte des droits fondamentaux (annexée au Traité de Lisbonne, NDLR), devra dire si les droits de l'Homme ont quelque chose à faire avec la politique étrangère de l'UE », a ajouté M. Cohn-Bendit, qui attend une déclaration concrète de Mme Ashton sur ce qu'elle pense de la politique étrangère européenne. Des propos pas toujours relayés par la co-présidente des Verts, l'Allemande Rebecca Harms, qui s'est montrée plus prudente, attendant que Mme Ashton fasse ses preuves, et saluant l'amélioration des relations en politique commerciale entre le Parlement européen et la Commission depuis qu'elle a remplacé son compatriote Peter Mandelson.

Précisant que la paire Juncker-D'Alema aux postes de président du Conseil européen et de HR était sa « combinaison privilégiée », Martin Schulz (S&D) a promis de soutenir « la candidate de la famille socialiste ». « Nous avons tout à fait confiance qu'elle sera à la hauteur de son poste », a ajouté le président des socialistes, jugeant « injuste » de critiquer a priori Mme Ashton, et plaidant pour que lui soit donnée une chance de « montrer ce dont elle est capable ». Des critiques également rejetées par le chef du groupe PPE, Joseph Daul, pour qui, toutefois, le HR « doit défendre entièrement la Charte des droits fondamentaux ». « Attendons qu'elle fasse ses preuves », a-t-il conclu. (E.H./H.B.)

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