Bruxelles, 24/11/2009 (Agence Europe) - Lors de la séance de questions au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a surtout été interrogé sur l'architecture de la future Commission. Le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt a ouvert le feu en exprimant des doutes sur les projets de scission des portefeuilles de l'environnement et de la justice et des affaires intérieures. Le président de la Commission a réaffirmé sa volonté de créer un portefeuille consacré au changement climatique, de nature transversale, pour assurer le suivi de la conférence de Copenhague. Il a également répété son intention de créer un portefeuille consacré à la justice et aux droits fondamentaux et un autre dédié aux affaires intérieures. Le coprésident du groupe Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, lui a demandé: « Est-ce vous qui faites la Commission ou est-ce les pays - et les grands pays - de l'Union qui vous imposent le rôle des commissaires ? ». « Ma conception, c'est très simple: c'est de respecter le Traité de Lisbonne », lui a répondu José Manuel Barroso en faisant référence à l'article 17 qui dispose que c'est le président de la Commission qui décide de l'organisation interne de la Commission. Et d'ajouter: « Nous sommes tous soumis à des demandes. À la fin, c'est moi qui décide ». À long terme, ne serait-il pas préférable que chaque pays propose un homme et une femme, pour permettre au président de choisir et de constituer une Commission équilibrée ?, a encore demandé Daniel Cohn-Bendit. « Vous avez tout à fait raison. Malheureusement, ce n'est pas dans le traité », lui a répondu le président Barroso. Celui-ci a aussi rassuré l'élue hongroise du PPE Kinga Gal: les droits des minorités relèveront du portefeuille du commissaire aux Droits fondamentaux. Quant à l'immigration, elle relèvera en ce qui concerne les aspects de sécurité (lutte contre l'immigration illégale, Frontex, etc.) du portefeuille des affaires intérieures et pour les aspects liés à l'intégration des migrants du portefeuille des affaires sociales, a-t-il encore expliqué.
Le président de la Commission a encore répondu à des questions concernant:
- le risque de nouvelle crise du gaz (question du président du groupe PPE, Joseph Daul): « Je partage votre souci d'éviter la répétition de la crise de l'hiver dernier », a-t-il dit en se félicitant des discussions et de la bonne ambiance du récent sommet avec la Russie ainsi que de la conclusion de l'accord sur le mécanisme d'alerte précoce qui « devrait nous aider ». Pour autant, il n'a pas caché que la situation intérieure demeure difficile en Ukraine. Il insistera, la semaine prochaine à Kiev, avec le président Reinfeldt, sur les réformes qui doivent être conduites en Ukraine.
- les propos du Premier ministre bulgare qui a qualifié les socialistes de « bande de brigands » (question du social-démocrate allemand Martin Schulz): tout en refusant d'entrer dans la polémique, M. Barroso a salué « la coopération loyale et l'engagement européen » de l'ancien Premier ministre bulgare Sergei Stanichev.
- la stratégie de Lisbonne (questions du conservateur polonais Michal Kaminski et de la verte belge Isabelle Durant, notamment): « Aujourd'hui, nous avons adopté un document de travail pour 2020 » (voir autre nouvelle: NDLR), a dit le président Barroso en insistant sur le fait que ce document met l'accent sur la nécessité de renforcer le marché intérieur. Pour autant, la dimension sociale et l'emploi ne sont pas oubliés. « Il est très important de travailler à l'inclusion sociale », a-t-il dit en insistant sur la formation et l'apprentissage tout au long de la vie. L'objectif est de boucler cette consultation au printemps. « L'Espagne demande avec insistance que nous ayons un premier document pour discussion lors du Sommet de printemps en mars », a-t-il indiqué. (O.J.)