La fortune nette des ménages allemands est en baisse. Malgré la bonne santé de l'économie allemande, les Allemands ne sont pas les premiers bénéficiaires de ces performances, selon une étude de l'Institut de conjoncture berlinois DIW. D'après l'étude, les ménages allemands ont vu leur patrimoine progresser de 500 euros (ou 0,4%) entre 2003 et 2013. Mais si l'on tient compte de l'inflation, leur fortune réelle nette a reculé de 20 000 euros, ou 15%, passant de 137 000 à 117 000 euros. Et ce malgré un taux d'épargne de plus de 9% par an, en proportion des revenus. Quand ils épargnent, les gens investissent plutôt dans des placements peu risqués mais moins rentables, comme des livrets d'épargne, des comptes courants, des plans d'épargne-logement ou des retraites Riester (retraites complémentaires) qui souvent ne parviennent même pas à compenser l'inflation, explique l'un des auteurs. Cette étude vient donc renforcer l'idée que le patrimoine des Allemands serait moins élevé que ce que l'opinion publique ne pense généralement. Elle confirme en tout cas une analyse de la Banque centrale européenne (BCE) de 2014 selon laquelle la fortune nette moyenne des ménages était, en Allemagne, une des plus faibles d'Europe, à 195 000 euros. Diffusée au moment du sauvetage de Chypre, l'étude avait suscité des commentaires car elle estimait la fortune des Chypriotes comme étant quatre fois plus élevée que celle des Allemands. (Isabelle Lamberty)