Bruxelles, 13/10/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-huit ont débattu, lundi 12 octobre à Luxembourg, de la situation humanitaire alarmante en Syrie où 12 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire d'urgence, sans compter les 4 millions de réfugiés accueillis par la Turquie, le Liban, la Jordanie.
Ils ont exprimé leur disponibilité à renforcer leur aide et à intensifier la diplomatie humanitaire pour accroître l'accès humanitaire et promouvoir les principes du droit humanitaire international mais la possibilité d'établir des corridors humanitaires n'est pas à l'ordre du jour.
Dans ses conclusions, le Conseil souligne que la protection des civils doit être une priorité pour la communauté internationale et condamne les attaques « excessives, disproportionnées et indiscriminées que le régime syrien continue de perpétrer contre son propre peuple ». Attribuant au régime d'Assad la responsabilité première pour les 250 000 morts du conflit et les millions de déplacés, l'UE rappelle que « le droit humanitaire s'applique à toutes les parties et que les droits de l'hommes doivent être respectés ». Elle demande à toutes les parties de cesser toute forme de bombardement indifférencié contre des civils et des structures comme les hôpitaux et les écoles, et presse en particulier le régime syrien de « cesser tous les bombardements aériens, y compris l'utilisation de bombes à sous-munition ».
L'UE se dit prête à accroître son aide humanitaire, son aide au développement à plus long terme et l'assistance à la stabilisation, mais le Conseil ne mentionne pas la demande d'établissement de corridors humanitaires, qu'appelle la Turquie de ses voeux.
« Nous sommes déterminés à augmenter le niveau de notre assistance humanitaire à l'intérieur de la Syrie. Parce que la situation sur le terrain évolue rapidement et que l'idée de créer des corridors humanitaires exactement dans la zone où Daesh est concentré et où les Russes opèrent pourraient ne pas être une tâche facile actuellement. C'est une chose d'augmenter l'aide humanitaire à l'intérieur de la Syrie. C'en est une autre d'imaginer que nous pourrions ou que quiconque puisse créer des zones humanitaires dépourvues de risques et de la présence de Daesh et d'autres groupes terroristes au moment où les activités terroristes et militaires sont très intenses », a expliqué à la presse la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à l'issue de la session.
Premier donateur mondial, l'UE et ses États membres ont, pour l'heure, mobilisé plus de 4,2 milliards d'euros d'aide humanitaire, d'aide au développement et d'assistance économique et à la stabilisation pour la Syrie et pour les réfugiés et leur communauté d'accueil dans les pays voisins. Le Fonds Madad pour la Syrie est désormais doté de 500 millions d'euros (Aminata Niang)