login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11409
Sommaire Publication complète Par article 18 / 33
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Lancement formel des négociations de libre-échange avec l'UE

Bruxelles, 13/10/2015 (Agence Europe) - La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, en visite à Tunis, a donné, mardi 13 octobre, le coup d'envoi aux négociations pour un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) entre l'UE et la Tunisie.

Cette première session de travail, présidée du côté tunisien par le ministre du Commerce, Ridha Lahouel, marque le début formel de ces pourparlers préparés de longue date et qui devraient s'étaler dans le temps, les deux parties souhaitant, selon des sources tunisiennes, « progresser pas à pas et chapitre par chapitre pour se donner le temps de boucler un accord acceptable des deux côtés ». Car, du côté tunisien, cet accord suscite de fortes appréhensions dans la société civile, qui a été consultée, quant aux conséquences de l'ouverture du marché tunisien aux biens et services européens.

Aucun détail sur les discussions n'est donné à ce stade, mais Mme Malmström a donné un éclairage lors d'un discours devant un panel de décideurs prononcé au cours d'une conférence organisée par l'Institut tunisien d'études stratégiques (ITES) et la fondation Konrad Adenauer (KAS).

« L'ALECA est une grande opportunité pour la Tunisie et pour notre partenariat. Il nous demandera à tous des efforts et de la créativité. Trouver le juste équilibre n'est jamais facile. Trouver un bon compromis encore moins. Mais, j'ai une grande confiance dans nos capacités de coopération et d'entente mutuelles. Tant la transition politique tunisienne que le travail quotidien de l'UE montrent que tout est possible avec de la bonne volonté », a assuré Mme Malmström. Et d'ajouter: « Il nous faudra faire preuve de prudence (...). En premier lieu, parce que l'UE est consciente du défi qu'un tel accord peut représenter pour la Tunisie, nécessitant des réformes importantes. Nous proposons par conséquent une approche asymétrique et progressive, notamment en ce qui concerne les engagements en matière de rapprochement de la législation tunisienne avec celle de l'UE ». En ce sens, l'UE est prête à proposer des « mesures d'accompagnement du processus de réformes, la mise à niveau de certains secteurs clés tels que l'agriculture, les services et l'appui au secteur privé ».

Mme Malmström a précisé que l'accord inclura, comme dans tous les autres nouveaux accords de libre-échange négociés par l'UE, un chapitre sur le développement durable consacré aux normes du travail et au respect des accords multilatéraux en matière d'environnement et aux questions telles que la responsabilité sociale des entreprises et le commerce éthique.

Il sera aussi nécessaire de s'assurer du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a en outre fait valoir Mme Malmström, soulignant la nécessité de « créer une culture politique » en la matière, dans un contexte où le terrorisme est une « menace quotidienne ». En cela, un « dialogue inclusif et continu avec la société civile » sera nécessaire, a-t-elle ajouté, se disant « réceptive » à la demande de la société civile tunisienne d'être « pleinement associée » aux négociations. L'UE encourage ce dialogue par son financement direct à près de 55 initiatives portées par la société civile tunisienne, a précisé la commissaire.

Sur la situation générale en Tunisie, « nous vivons des moments troubles avec la crise économique qui n'est pas encore finie et une instabilité sans précèdent dans notre région et, cela, des deux côtés de la Méditerranée », a estimé Mme Malmström, en évoquant les attaques terroristes meurtrières à Sousse et au Musée Bardo cette année, ainsi que la menace terroriste en Europe. Et la commissaire de rappeler que l'exemple fourni par la Tunisie face à ces menaces dans sa transition démocratique et dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution a été reconnu par le Comité Nobel la semaine dernière (EUROPE 11407). « C'est une juste récompense aux efforts consentis par le peuple tunisien », a-t-elle affirmé.

Mardi matin, Mme Malmström avait rencontré le Premier ministre tunisien, Habib Essid, ainsi que des membres du Parlement tunisien (l'Assemblée des représentants du peuple) et des représentants de la société civile tunisienne. Elle a aussi rencontré des représentants des organisations du 'Quartet' distingués par le Prix Nobel de la paix 2015. (Fathi B'Chir)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES
AFFAIRES & ENTREPRISES N°163