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Bulletin Quotidien Europe N° 11409
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Le forum de Rabat sur les INDC, une étape encourageante vers la COP 21

Bruxelles, 13/10/2015 (Agence Europe) - De l'avis des participants, le Forum international de haut niveau de Rabat sur les offres de contribution nationale (INDC) au futur accord mondial sur le climat à conclure à Paris à la COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre) s'est achevé, mardi 13 octobre, sur une note positive (EUROPE 11405).

Organisé par le gouvernement marocain, la Commission européenne, le PNUE et le PNUD pour faciliter le dialogue sur le niveau des offres agrégées et l'adéquation de ces offres à l'objectif mondial de maintenir le réchauffement moyen en dessous de la barre des 2 degrés Celsius à l'horizon 2100, il a permis une mobilisation sans précédent et une meilleure compréhension entre toutes les parties. À la clôture du Forum et à quelques jours de la dernière session de négociations officielles avant Paris (Bonn, la semaine prochaine), le commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Énergie, Miguel Arias Canete, semblait confiant. L'objectif à long terme et la forme juridique de l'accord de Paris étant encore des questions ouvertes, il a formulé l'espoir que les six semaines restantes avant Paris seront mises à profit pour conclure « un accord garant d'un avenir plus sûr, plus durable ».

« Nous avons eu un échange de qualité, des discussions ouvertes et constructives ; c'est dans cet état d'esprit qu'il faut poursuivre. 150 pays représentant 90% des émissions mondiales ont déposé leur INDC. C'est une bonne nouvelle car cela va bien plus loin que la deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto qui engageait 35 pays représentant seulement 13% des émissions. C'est un virage majeur de l'action de quelques-uns vers l'action de tous. Sans Paris à l'horizon, beaucoup de pays n'auraient pas préparé leur INDC. Nous sommes plus près des 2 degrés. Mais sera-ce suffisant ? », a dit le commissaire à la presse.

À Rabat, les experts ont confirmé qu'il faudrait davantage d'efforts pour être sur une voie optimale. « À ce jour, nous avoisinons les 3 degrés. Il faut plus d'action. Mais, sans les INDC, il y aurait eu un risque que la hausse des températures soit de 3,8 - 4,7 degrés selon l'évaluation du GIEC. C'est pourquoi la mise en oeuvre des INDC sera essentielle. Mais Paris devra être plus que l'agrégation des INDC », a précisé le commissaire en évoquant la nécessité d'un objectif à long terme d'une réduction des émissions de 50% en 2050 par rapport à 1990, celle d'une révision tous les 5 ans pour renforcer les engagements, des règles robustes de transparence et de responsabilité, « sinon l'accord ne sera pas crédible », a-t-il averti. Selon lui, les bénéfices de ces INDC sont multiples. Ils permettent notamment aux ministres de l'Énergie et aux ministres des Transports d'anticiper. « Les pays ont fait un travail sérieux, approuvé au plus haut niveau. C'est un effort unique sans précédent, a estimé le commissaire, en soulignant toutefois qu'un accord équilibré et global à Paris doit aller au-delà des INDC. L'adaptation et la mobilisation des financements climatiques seront déterminantes. Tous en sont convenus, encouragés par le rapport de l'OCDE montrant que les 62 milliards de dollars étaient déjà mobilisés à la fin 2014. « Le monde est sur la bonne voie » pour fournir les 100 milliards de dollars par an promis aux pays en développement à l'horizon 2020. Et l'UE, qui a déjà mobilisé 9,5 milliards pour la seule année 2013, est prête à assumer sa juste part. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se sont engagés à doubler leur contribution. Les chiffres 2014 seront connus à la mi-novembre, a indiqué le commissaire.

Mme Hahika El Haite, ministre marocaine de l'Environnement, a plaidé pour que le monde mette à profit cette mobilisation, inégalée en vingt et un ans de négociations climatiques, pour conclure à Paris un accord qui place l'avenir de l'humanité en son centre. « Quand on a voulu ratifier Kyoto, on a attendu 8 ans et 35 pays seulement l'ont ratifié. Aujourd'hui, 150 pays ont déposé leurs propositions, leurs engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous vivons un tournant. On parle de dignité, de l'homme, de l'humanité, de mettre l'homme et la préservation de la vie au coeur des débats », a-t-elle déclaré. Insistant sur l'importance de la question des pertes et des dommages pour les pays en développement, et en particulier pour les petits États insulaires, « comme les Maldives qui risquent d'être englouties en 2050 », elle a ajouté: « Nous voulons un accord contraignant et universel. Nous voulons que tout le monde s'engage à respecter ses contributions et ses engagements. L'incompréhension de la notion des pertes et dommages fait qu'il y a encore des discussions. On ne peut parler de pertes et dommages qu'à partir du moment où on ne peut plus s'adapter, quand on en a fini avec les possibilités d'adaptation ». (Aminata Niang)

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