Bruxelles/Luxembourg, 13/10/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, ont souligné, lundi 12 octobre, qu'il y avait encore beaucoup à faire, au Belarus, pour que les élections soient démocratiques. Le président, Alexandre Loukachenko, considéré comme le dernier dictateur d'Europe, a été réélu pour un cinquième mandat le 11 octobre avec 83,49% des voix.
« Selon la mission de l'OSCE/BIDDH, la Biélorussie a encore beaucoup à faire pour réaliser ses engagements envers l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en vue d'élections démocratiques. Un travail doit être fait pour améliorer le cadre électoral, en particulier sur une administration électorale équilibrée et les procédures le jour du scrutin », ont expliqué Mme Mogherini et M. Hahn dans un communiqué. Ils ont qualifié d' « important » le fait que le scrutin se soit déroulé dans un « environnement paisible ».
Soulignant que l'UE allait étudier « attentivement » le rapport final et les recommandations de l'OSCE, Mme Mogherini et M. Hahn ont prévenu qu'avant les élections législatives de 2016 « ces recommandations devraient être mises en oeuvre par les autorités nationales ». « Nous sommes prêts à aider la Biélorussie dans ses efforts pour mettre son processus électoral en conformité avec les engagements de l'OSCE et d'autres normes internationales pour des élections démocratiques », ont-ils ajouté.
Le 12 octobre, en arrivant au Conseil, le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a souligné que M. Loukachenko avait été réélu « sans surprise », mais qu'« il n'y a rien qui ressemble à une répression autour des élections ». Le secrétaire d'État français des Affaires européennes, Harlem Désir, a précisé que le scrutin s'était déroulé dans « un climat apaisé », dans des conditions « plus transparentes et calmes » et sans répression du candidat de l'opposition et de ses soutiens.
L'UE devrait suspendre les sanctions
Par ailleurs, l'UE serait d'accord pour suspendre ses sanctions à l'encontre du Belarus, selon M. Désir. « Pour les quatre prochains mois, il y a le principe de suspendre ces sanctions, qui pourraient toutefois être remises en oeuvre immédiatement, si cela était justifié », a-t-il expliqué le 12 octobre. Après la libération de prisonniers politiques et les élections, « nous souhaitons encourager, dans ce pays qui est un pays du Partenariat oriental, une évolution vers la démocratie, vers le respect de l'État de droit et des droits de l'homme », a ajouté M. Désir. « Une levée définitive des sanctions sera examinée par l'UE début 2016. Nous avons dit que nous pouvons évaluer, en début d'année prochaine, à la fin janvier, si les conditions sont réunies », a expliqué pour sa part M. Steinmeier.
Ces sanctions visent 175 personnes et 14 entités. Leurs avoirs sont gelés dans l'UE et ils sont privés de visa. Les sanctions arrivent à échéance le 31 octobre, elles devraient ainsi être prolongées, mais suspendues de novembre à fin février. Selon une source européenne, les quatre personnes qui auraient des responsabilités dans des disparitions ne seraient pas concernées par la suspension des sanctions. (Camille-Cerise Gessant)