Bruxelles, 13/10/2015 (Agence Europe) - Aussi dramatique qu'ait été l'épidémie d'Ebola qui a décimé les populations et l'économie des pays d'Afrique de l'Ouest, elle a permis d'améliorer la coopération sanitaire et intersectorielle et d'éveiller l'UE à la nécessité de rester vigilante pour contribuer à son éradication totale et à mieux se préparer à de nouvelles épidémies.
C'est la conclusion à laquelle sont parvenus les participants à la conférence organisée par la Présidence Luxembourgeoise du Conseil de l'UE, lundi 12 octobre à Mondorf-les Bains (Luxembourg), sur « Les leçons tirées pour la Santé publique de l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest », qui a réuni ministres de la Santé, représentants de haut niveau des États membres, de la Commission européenne, de l'OMS et des ONG.
« Nous ne savons pas quand la prochaine épidémie nous touchera, mais nous savons en tous cas que la coopération intersectorielle est cruciale, si nous voulons renforcer la sécurité sanitaire dans l'UE », a déclaré la ministre luxembourgeoise de la Santé, Lydia Mutsch. Selon elle, Ebola a permis de développer la coopération des autorités de santé publique, de recherche, de développement et militaires pour « tester l'application de la décision relative aux menaces transfrontières graves sur la santé, adoptée en octobre 2013 ». Ebola a également permis de jeter la lumière sur l'importance de la solidarité envers les pays affectés, mais aussi entre les pays européens.
Pour le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, Ebola « a servi de test pour l'état de préparation de l'UE », dans ce cadre. Estimant qu'il sera indispensable, à l'avenir, d'aider les pays vulnérables à offrir des standards minimums d'hygiène, des soins médicaux et la vaccination à tout le monde, mais aussi de remédier au manque d'éducation et aux erreurs d'interprétation, il a appelé les États membres à « plus de coopération et de partage », notamment en recourant à l'achat conjoint de vaccins pandémiques.
Christos Stylianides, commissaire à l'Aide humanitaire et coordinateur de l'UE pour la lutte contre Ebola, a rappelé que la réponse globale à cette pandémie avait, dans un premier temps, « laissé beaucoup à désirer ». Il a salué à cet égard « le travail remarquable » de MSF, qui, à l'avenir, ne devrait plus jamais servir à remédier à l'attentisme de la communauté internationale. Ebola a fait 11 000 morts et infecté plus de 28 000 personnes en 2014-2015. « On est proche de zéro cas, mais on n'y est pas encore », a prévenu M. Stylianides. Convaincu qu'il y aura d'autres épidémies, il a insisté sur la nécessité d'assurer le déploiement rapide des quatre laboratoires mobiles en cas de crises futures.
Le Prix européen de la santé a été remis à l'occasion de cette conférence à plusieurs ONG qui se sont distinguées par leur engagement. (Aminata Niang)