Les États-Unis, champions des pots-de-vin. Avec 128 cas de corruption avérés, les États-Unis ont été le pays le plus impliqué dans les affaires de pots-de-vin, révèle l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans un rapport portant sur les coûts de la corruption internationale, elle a analysé 427 affaires survenues ces quinze dernières années dans le monde, impliquant des particuliers ou des entreprises de 41 pays ayant signé la convention anticorruption de l'OCDE. Les pots-de-vin versés ont représenté en moyenne 10,9% de la valeur totale de la transaction concernée et 34,5% des bénéfices découlant de celle-ci, soit 13,8 millions de dollars par pot-de-vin. Compte tenu de la complexité et de la nature secrète de ces transactions, ces chiffres ne constituent toutefois que le sommet de l'iceberg, souligne l'OCDE. Ce sont les grandes entreprises qui ont recours aux pots-de-vin, généralement au su de leurs dirigeants. Ils sont généralement versés pour remporter des contrats auprès d'entreprises détenues ou contrôlées par l'État dans les économies avancées, bien plus que dans les pays en développement. Le rapport montre que: 1) près de deux tiers des affaires sont survenues dans quatre secteurs seulement: les industries extractives (19% des cas), la construction (15% des cas), le transport et l'entreposage (15% des cas) et le secteur de l'information et de la communication (10% des cas) ; 2) les pots-de-vin étaient destinés dans 27% des cas à des salariés d'entreprises publiques, suivis des agents des douanes (11% des cas), des agents d'organismes de santé publique (7% des cas) et de la défense (6% des cas) ; 3) les pots-de-vin sont le fait des pays riches avec les États-Unis en première position, recensant plus d'un quart des affaires (128 cas), suivis par l'Allemagne (26 cas), la Corée du sud (11 cas), l'Italie, le Royaume-Uni et la Suisse (6 cas chacun), la France et la Norvège (5 cas), le Canada (4 cas) et le Japon (3 cas). (IL)