Bruxelles, 05/01/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a réagi avec retenue, lundi 5 janvier, aux articles parus dans le journal allemand Der Spiegel rapportant que l'Allemagne jugeait désormais supportable une sortie de la Grèce de la zone euro.
« La seule déclaration qui compte sera celle que feront les Grecs le 25 janvier » lors des élections anticipées, a déclaré Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission. « Nous n'allons pas entrer dans des spéculations et des scénarios qui risquent d'être interprétés dans un contexte qui ne se pose pas », a renchéri Margaritis Schinas, un autre porte-parole de l'institution bruxelloise. Interrogée sur un potentiel Grexit, dont le spectre est à nouveau agité dans la presse internationale depuis l'annonce d'élections anticipées, Mme Breidthardt a rappelé que, selon l'article 140, paragraphe 3 du TFUE, l'appartenance à l'euro est irrévocable. La formulation dudit article n'est toutefois pas aussi explicite. Lundi, le gouvernement allemand, par la voix de son porte-parole, a également tenté de faire taire la spéculation. « L'objectif est de stabiliser l'eurozone avec tous ses membres, y compris la Grèce », a dit Steffen Seibert, au nom du gouvernement allemand. Le même jour, le président français, François Hollande, a rappelé sur les ondes de la radio France Inter que le peuple grec était libre de choisir souverainement son gouvernement ainsi que de décider de son maintien ou non dans la zone euro. « En même temps, il y a des engagements qui ont été pris, tout cela devra, bien évidemment, être respecté », a ajouté le chef de l'État français. Le gouvernement a également rappelé que les engagements pris par la Grèce étaient des engagements à long terme.
L'échec du vote parlementaire en Grèce sur le candidat du gouvernement à la présidence du pays a mené la coalition menée par Antonis Samaras à demander des élections anticipées. Selon un des plus récents sondages d'Eleftheros Typos, le parti de la gauche radicale Syriza serait en tête avec 30,4% des intentions de vote, alors que la Nouvelle démocratie d'Antonis Samaras recueillerait 27,3% des intentions de vote. Son actuel partenaire gouvernemental, le parti socialiste Pasok, en recueillerait, quant à lui, 3,5%.
Pendant le weekend, Der Spiegel rapportait tenir de sources gouvernementales allemandes que Berlin jugerait quasiment inévitable une sortie de la Grèce de la zone euro si Syriza accédait au pouvoir, abandonnait la ligne de rigueur budgétaire et ne remboursait plus les dettes du pays. Le 2 janvier, M. Samaras a également prévenu du risque du Grexit si Syriza l'emportait. À l'annonce de la tenue d'élections anticipées, M. Tsipras a déclaré qu'avec la « volonté du peuple grec, dans quelques jours, les plans d'austérité appartiendront au passé ». Les promesses de M. Tsipras ne font pas mention d'un retour à la drachme. Affirmant avoir l'intention de mettre fin aux politiques d'austérité, M. Tsipras entend réclamer un effacement d'une partie de la valeur nominale de la dette publique ainsi qu'un moratoire pour le remboursement de cette dette afin de mobiliser les fonds pour la croissance. Les promesses parlent également d'électricité gratuite et de rehaussement des pensions.
Le chef du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a qualifié de 'non-sens' le débat ravivé sur le Grexit en soulignant, d'abord, que les derniers sondages révèlent que 74% des Grecs sont contre une sortie de la Grèce de l'euro, ensuite, que les Traités ne permettent pas à un État de quitter l'euro sans quitter l'UE et, enfin, que le prix pour le contribuable européen serait trop élevé (il a cité des rapports estimant à 80 milliards d'euros le prix à payer pour la seule Allemagne). Et de promettre d'appeler le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, à montrer clairement que « nous sommes tous ensemble sur ce bateau ». Le chef du S&D au PE, Gianni Pittella, a réagi lui aussi en accusant les forces de la droite allemande d'agir comme un shérif en Grèce. (EL)