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Bulletin Quotidien Europe N° 9937
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/commerce

Le G8 et les 5 puissances émergentes vont réaffirmer leur engagement en faveur du libre-échange et de la conclusion du round de Doha

Bruxelles, 07/07/2009 (Agence Europe) - Les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète (G-8/ Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) et leurs homologues des cinq plus grandes économies émergentes (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde et Mexique), qui se réuniront jeudi 9 juillet, en marge du sommet du G8 de L'Aquila en Italie (8-10 juillet), appelleront à résister aux pressions protectionnistes et à rapidement conclure le round de Doha.

Selon le projet de déclaration finale, le « G8+5 » réclamera que les négociations multilatérales pour la libéralisation du commerce mondial aboutissent à un accord « ambitieux, global et équilibré », sur la base des progrès déjà réalisés sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture, de produits industriels et de services. Aucune date-butoir aux discussions engagées depuis 2001 à l'OMC, et dans l'impasse depuis la ministérielle de juillet 2008 à Genève, ne devrait toutefois être fixée. Les dirigeants du « G 8+5 » donneront néanmoins instruction à leurs ministres du Commerce de se réunir avant le troisième sommet du G-20 consacré à la réforme de l'architecture financière internationale programmée les 24 et 25 septembre à Pittsburgh. Adoptée la veille, une déclaration séparée du G8 soulignera l'engagement des pays les plus industrialisés membres de l'OMC (la Russie n'est donc pas concernée, NDLR) en faveur d'une conclusion rapide du round du Doha. Elle non plus ne fixera pas de date-butoir, au grand dam du chef de gouvernement italien, Silvio Berlusconi, qui a déclaré lundi espérer que le sommet de L'Aquila donnerait un mandat permettant de conclure les pourparlers multilatéraux d'ici 2010. Rappelons que, réunis de manière informelle en marge de la réunion ministérielle de l'OCDE fin juin à Paris, les ministres du Commerce des principaux pays acteurs du round de Doha (UE, Afrique du Sud, Brésil, États-Unis, Inde, Japon…) avaient affirmé leur engagement à le conclure d'ici fin 2010. Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, s'était pour sa part réjoui que la reprise des négociations prenne « plutôt une bonne tournure », précisant que, selon lui, peu de travail reste à faire avec déjà 80% de la négociation sur la table. Pour donner un nouvel élan politique aux négociations, le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a de son côté proposé que son pays soit l'hôte en septembre d'une réunion des principaux négociateurs.

D'un point de vue plus général, le G8 puis le G « 8+5 » devraient déplorer que la récession économique mondiale se soit accompagnée d'une recrudescence de mesures protectionnistes. « Les marchés doivent rester ouverts, le protectionnisme doit être rejeté et les facteurs susceptibles de toucher à la volatilité des prix des matières premières, dont la spéculation, doivent être surveillés et analysés », devrait souligner la déclaration du G8, avant d'affirmer l'engagement des huit puissances mondiales à réduire les distorsions au commerce et à s'abstenir d'ériger de nouvelles barrières au commerce et à l'investissement ainsi que de mettre en œuvre des mesures incompatibles avec l'OMC afin de stimuler les exportations. Reste que, selon la Banque mondiale, six des membres à la fois du G8 et du G20 (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Royaume-Uni et Russie) ainsi que plusieurs grandes économies émergentes également membres du G20 (Argentine, Brésil, Chine et Inde) figurent parmi les pays qui ont érigé des barrières commerciales depuis la réunion du G20 en avril à Londres. À L'Aquila, les dirigeants des plus grandes économies développées et émergentes devraient se voir adresser des avertissements par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick et par Pascal Lamy. L'OMC a d'ailleurs dénoncé, le 1er juillet dernier, de nouveaux dérapages protectionnistes parmi ses 153 pays membres et revu à la baisse ses prévisions 2009 pour le commerce mondial, qui devrait plonger de 10% en 2009. Dans son 3ème rapport sur l'évolution des politiques commerciales de ses pays membres en liaison avec la crise économique et financière mondiale, l'organisation qui régit le commerce mondial va faire état de « davantage de dérapages protectionnistes », sous la forme de mesures de restrictions commerciales et de politiques créant des distorsions, depuis le sommet du G20 à Londres, en précisant toutefois l'absence de mesures protectionnistes « de forte intensité ». Dans son précédent rapport en mars dernier (EUROPE n° 9871), l'OMC faisait déjà état de « dérapages significatifs » au premier trimestre 2009. Elle s'inquiétait alors particulièrement de l'impact des plans de relance économique préparés par les grandes économies mondiales. L'OMC évoque aussi à présent les conséquences de la grippe porcine, soulignant qu'au moins 39 pays ont décidé des mesures de restrictions commerciales telles que des interdictions d'importation de viande de porc venant de pays affectés par la maladie. (E.H.)

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