Bruxelles, 19/06/2009 (Agence Europe) - « Nous sommes convenus que les mesures prises jusqu'à maintenant (…) commencent à porter leurs fruits, mais cela ne représente pas une panacée face à la crise et il faut continuer de lutter », a insisté Jan Fischer, Premier ministre tchèque, jeudi 18 juin au soir. Dans le même temps, « il faut mettre au point une stratégie de sortie fiable pour l'après-crise », a rappelé devant la presse le président en exercice du Conseil européen.
Comme le reste du monde, l'UE doit être prête à poursuivre « l'élaboration et l'application des mesures qui s'imposent pour faire face à la crise », en s'appuyant sur les « progrès importants qui ont été réalisés au cours des mois écoulés », soulignent les chefs d'État ou de gouvernement. Dans des conclusions adoptées vendredi 19 juin, ils estiment que les efforts déployés « contribuent à limiter les effets néfastes du ralentissement de l'activité et aident à préserver l'emploi », tout en jetant « les bases d'un redressement économique durable ». Il en va de même pour les opérations de recapitalisation et d'assainissement du bilan des banques, même si les gouvernements doivent rester prêts à en faire plus si nécessaire, ajoutent les dirigeants européens, suivant ainsi le constat fait par les ministres des Finances la semaine dernière. Outre ces recommandations, les rapports du Conseil ÉCOFIN énuméraient aussi certaines carences dans la mise en œuvre des mesures étatiques de relance et celles en faveur du secteur bancaire (EUROPE n° 9917). Les ministres y reconnaissaient notamment qu'il était difficile d'évaluer à ce stade si certaines mesures, en particulier celles destinées à améliorer l'accès aux financements, auront les effets escomptés.
Les chefs d'État se montrent quant à eux satisfaits de l'effort budgétaire dans le cadre du plan de relance européen, qui équivaut à environ 5% du PIB pour 2009 et 2010 (en comptabilisant aussi bien les mesures discrétionnaires des États membres, celles prises au niveau de l'UE et les stabilisateurs économiques). Jugeant que l'évolution de la situation économique « demeure incertaine », ils ont souhaité garder toutes les options ouvertes, sans insister trop ouvertement sur le retour à la consolidation des finances publiques à ce stade. Alors que le projet de conclusions indiquait que les prévisions économiques actuelles ne semblaient pas devoir justifier de nouvelles mesures de relance budgétaire, le texte final souligne (à la demande du Royaume-Uni) que le Conseil européen fera tout ce qui est nécessaire pour restaurer la croissance et l'emploi. De même, si la version initiale soulignait que « l'accent devrait désormais être placé sur la consolidation budgétaire, au fur et à mesure de la reprise économique », les conclusions sont plus nuancées, se contentant finalement d'une simple référence à l'importance que la consolidation des finances publiques suive le rythme du redressement économique. Quand la reprise s'amorcera de manière plus certaine, il sera temps de revenir sur la stratégie de sortie « fiable et crédible » évoquée par tous, mais encore assez imprécise pour l'instant. Elle visera à améliorer le cadre budgétaire à moyen terme (avec la définition de nouveaux objectifs à moyen terme - OMT) et passera par la coordination des politiques économiques à moyen terme. (A.B.)