Bruxelles, 19/06/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne a affiché, jeudi 18 juin, son intention de lutter plus activement contre le travail forcé des enfants. « Malgré des avancées importantes, des efforts considérables restent à faire pour faire respecter le droit des enfants », a indiqué Jacques Barrot, le commissaire européen chargé de la Justice, à l'ouverture de la quatrième réunion du Forum européen sur les droits de l'enfant. « J'estime qu'il faut accorder une attention spéciale aux phénomènes de la violence et de la pauvreté, ainsi qu'aux enfants en situation de vulnérabilité particulière, notamment dans le contexte de l'immigration », a-t-il ajouté. En 2005, l'OIT a estimé que 2,45 millions de personnes étaient victimes de la traite des êtres humains dans le monde, dont 43 % à des fins d'exploitation sexuelle et 32 % à des fins d'exploitation de leur travail, et les enfants représentent 40 à 50 % des victimes, a précisé M. Barrot. Selon lui, l'exploitation des enfants est aussi une réalité en Europe, et notamment en Roumanie où 60 à 70 mille enfants sont impliqués dans des activités comme la mendicité, la drogue, le vol et la prostitution. Pour le commissaire, la lutte contre le travail des enfants est un engagement essentiel du programme de l'Union en matière de droits de l'enfant. La communication de la Commission sur le « programme de Stockholm » indique sans ambiguïté que nous devons continuer à élaborer une stratégie européenne ambitieuse en matière de droits de l'enfant, a-t-il souligné. Par ailleurs, la Commission a présenté en mars une décision cadre relative à la lutte contre la traite des êtres humains qui fait explicitement référence à la défense des mineurs en situation de vulnérabilité. Mais si l'UE peut se targuer d'avoir pris l'initiative en faveur de la protection des droits des enfants, M. Barrot estime désormais que ce combat doit être relayé par les pouvoirs publics et les entreprises. Le Forum devrait par conséquent permettre de dessiner des pistes sur les moyens de lutter efficacement contre le travail des enfants en utilisant les instruments dont dispose l'Union européenne. Dans ce contexte, un accent particulier a été mis sur la protection sociale et la responsabilité sociale des entreprises. La lutte contre le travail des enfants a également une importante dimension externe à l'UE. « Le problème du travail des enfants doit être traité à tous les niveaux et par des efforts concertés des gouvernements, de la communauté internationale, de la société civile, des entreprises et des partenaires sociaux », a estimé Benita Ferrero-Waldner, commissaire chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage. La commissaire a par ailleurs expliqué que l'Union avait adopté une approche globale en vue de l'élimination de toute forme de travail des enfants, en recourant, d'une part, à un dialogue dans les domaines de la politique, du commerce, du développement et de la gouvernance et, d'autre part, à des actions en faveur de la lutte contre la pauvreté, du marché du travail, du dialogue social et de la protection sociale, l'accent étant mis sur une éducation primaire gratuite et universelle. D'après les estimations de l'OIT, quelque 250 millions d'enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent, dont 120 millions environ à temps plein, et 126 millions d'enfants sont astreints à des tâches dangereuses. (B.C.)