Bruxelles, 19/06/2009 (Agence Europe) - Le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire ITER, un projet mondial en construction à Cadarache (France), commencera à fonctionner en 2018 mais ne sera pleinement opérationnel que 8 ans plus tard, en 2026, a annoncé jeudi 18 juin le conseil d'administration du projet, réuni à Mito au Japon. Le financement d'ITER n'a pas été abordé lors de la réunion, toutefois, le coût total du projet, estimé à 10 milliards d'euros, pourrait être fortement revu à la hausse dans les mois à venir.
Une construction par étapes. Le réacteur va être mis en service en deux temps, selon un calendrier réaliste, précise le communiqué final. Ce réaménagement du calendrier a été décidé par les sept partenaires du projet scientifique qui regroupe l'Union européenne, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis. Le conseil ITER « a validé une approche par étapes de la construction (du réacteur) et l'objectif d'un premier plasma à la fin 2018 en maintenant le début de l'exploitation avec des combustibles au deutérium-tritium (isotopes radioactifs de l'hydrogène) en 2026 », explique le communiqué. L'objectif d'ITER est de parvenir à un fonctionnement en continu pour développer, à l'horizon 2050 si tout se passe bien, des centrales électriques produisant une énergie quasiment inépuisable (le deutérium et le tritium sont très abondants dans l'eau de mer) et générant peu de déchets. Lors de la signature de l'accord ITER il y a trois ans, le calendrier prévoyait l'obtention d'une première fusion hydrogène-hydrogène en 2016. Un décalage de deux ans correspond au retard pris lors des négociations sur le choix du site. « Afin de réduire sensiblement les risques opérationnels, les composants de base de la machine seront assemblés et testés avant l'intégration progressive des composants internes » au réacteur, souligne également le texte. Le but est en effet de réduire sensiblement les risques opérationnels, comme ce fut notamment le cas pour le LHC, le grand accélérateur de particules construit près de Genève, qui était tombé en panne en septembre 2008. C'est cette approche par étapes qui a été adoptée lors de la construction de tous les grands tokamaks. « Le conseil reconnaît que cette démarche garantit le processus de construction le plus rationnel », a déclaré le président du conseil ITER, Sir Chris Llewellyn Smith. « L'accord intervenu sur cette approche constitue une étape essentielle vers l'adoption de la base de référence lors de la prochaine réunion du conseil programmée prévue en novembre », a-t-il dit.
Un budget en forte hausse. Le coût d'ITER a été fixé en 2001 à 10 milliards d'euros: 5 pour sa construction, et 5 pour son exploitation. Près de la moitié de cette somme est à la charge de l'Union européenne. Mais la facture finale pourrait être beaucoup plus élevée en raison notamment de la forte augmentation des matières premières et notamment du cuivre des gigantesques aimants servant à confiner le plasma, de la revalorisation du prix pratiqué par les équipementiers, mais aussi de la complexité des défis à relever. La question sera tranchée en novembre à Cadarache lors du prochain conseil ITER. Les appels d'offres devraient être lancés début 2011. « Le résultat obtenu aujourd'hui au conseil est un pas important dans la bonne direction, mais un certain nombre d'éléments restent à régler pour atteindre l'objectif », a souligné Janez Potoènik, le commissaire européen chargé de la Science et de la Recherche. « Avec nos partenaires internationaux, nous allons intensifier notre travail pour arriver à une évaluation crédible des coûts qui contienne les moyens de les juguler et pour trouver des solutions pour améliorer davantage l'efficacité de la gestion du projet au niveau international et européen », a-t-il conclu. (B.C.)