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Bulletin Quotidien Europe N° 9925
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) ue/conseil europÉen

Unanimité pour José Manuel Barroso - Les groupes politiques détermineront le calendrier du Parlement

Bruxelles, 19/06/2009 (Agence Europe) - C'est à l'unanimité que les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont exprimé, dans la nuit de jeudi 18 juin à Bruxelles, leur appui politique à la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la prochaine Commission européenne. Mais sa désignation formelle à ce poste reste entourée de nombreuses inconnues… à commencer par le calendrier. Le Conseil européen a mandaté les Présidences tchèque et suédoise pour entamer des consultations avec le Parlement européen dès la semaine prochaine « en vue de déterminer si le Parlement est en mesure d'approuver la nomination (de M. Barroso) lors de sa séance plénière de juillet ». À la lumière de ces contacts, le Conseil pourrait rapidement formaliser la nomination de M. Barroso (en transformant l'appui politique de jeudi en une proposition juridique en bonne et due forme), par exemple par procédure écrite, avant de la transmettre au PE pour un éventuel vote le 15 juillet, est-il stipulé dans les conclusions du sommet. Sans vouloir mettre trop de pression sur les députés, les chefs d'État et de gouvernement ne cachent pas leur souhait que la désignation formelle de M. Barroso ne traîne pas trop, en tout cas pas jusqu'en automne. « Nous voudrions que cela se fasse le plus rapidement possible. Tout report inutile (de la désignation formelle de M. Barroso) doit être évité » en raison des crises actuelles qui exigent une UE opérationnelle et efficace, a dit le président du Conseil européen, Jan Fischer, jeudi soir devant la presse.

Tout dépendra donc des consultations des prochains jours et semaines avec le PE. Les groupes politiques se constitueront à partir de la semaine prochaine et une première réunion de la nouvelle conférence des présidents est prévue pour le 9 juillet ; elle devrait arrêter la position du Parlement sur le calendrier à suivre. À ce stade, les avis divergent entre les groupes. Alors que le PPE insiste sur un vote formel en juillet (EUROPE n° 9924), les Verts (qui demandent d'attendre l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) et le groupe socialiste s'y opposent. Avec une petite nuance quand même du côté socialiste. Jeudi, après le pré-sommet PSE, Martin Schulz n'a pas explicitement demandé que l'on attende le référendum irlandais et le Traité de Lisbonne mais que l'on donne juste « le temps nécessaire » au Parlement pour débattre de la personne et du programme de M. Barroso. Ce qui n'exclut pas que le groupe de M. Schulz puisse éventuellement accepter un vote rapide sur la base du Traité de Nice pourvu qu'il obtienne quelque chose en retour (renforcement de la dimension sociale du programme de la future Commission ? Promesses en matière de répartition des portefeuilles ? Accord avec le PPE sur la présidence du Parlement où sur les autres postes clés à pourvoir dans le cadre du Traité de Lisbonne ?). L'attitude des libéraux (ADLE), qui sont divisés sur la reconduction de M. Barroso, est encore floue mais tout semble indiquer qu'ils ne s'opposeraient pas à un vote rapide sur M. Barroso à condition que les intérêts de la famille libérale soient respectés, à la fois au niveau du programme et des postes (ils réclament « au moins un » des quatre postes en lice, EUROPE n° 9924). Les probables arrangements qui pourraient être conclus dans les prochaines semaines entre les groupes politiques au PE seront donc sans doute déterminants pour le calendrier du vote sur le nouveau président de la Commission (Nice ou Lisbonne ?) mais aussi pour le soutien au candidat Barroso. Plus de doute, en revanche, sur le calendrier pour la désignation des autres commissaires: le Conseil européen a précisé dans ses conclusions que la procédure ne sera entamée qu'après le référendum irlandais, c'est-à-dire quand il sera clair quel traité sera d'application.

José Manuel Barroso s'est évidemment dit « très satisfait » et « extrêmement fier » du soutien unanime des 27 dirigeants. « Je suis plus que fier, je suis ému des impressionnantes déclarations d'encouragement et de reconnaissance de tous les 27 pour le travail accompli par cette Commission dans des circonstances extrêmement difficiles », a-t-il dit jeudi soir devant la presse. Pour M. Barroso, ce soutien unanime s'explique par la manière dont il a géré la Commission et par le « respect que j'ai toujours montré pour tous les États membres, petits ou grands, riches ou pauvres, anciens ou nouveaux », a-t-il dit. M. Barroso se dit prêt à défendre son programme devant le PE et il est optimiste qu'une majorité des députés le soutiendra. « Je suis toujours ouvert aux critiques, je les accepte », a-t-il souligné en faisant référence à l'opposition socialiste, verte et (en partie) libérale: « Je ferai le mieux possible pour y répondre ». S'il était confirmé dans son poste, ses deux premières priorités seront la réponse de l'UE à la crise économique ainsi que la préparation de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, a-t-il dit. (H.B.)

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