Bruxelles, 16/06/2009 (Agence Europe) - L'UE reste intéressée, comme convenu par ses États membres, à « rehausser » les relations bilatérales avec Israël mais ce rapprochement devra avoir lieu « dans le contexte de nos intérêts communs », y compris le soutien à la « solution des deux États » pour le règlement du conflit israélo-palestinien et la promotion de la paix, de la stabilité et la prospérité au Proche-Orient, a déclaré le président en exercice du Conseil de l'UE, Jan Kohout, à l'issue du Conseil d'association UE/Israël lundi soir à Luxembourg. « Nous avons réitéré notre volonté de développer davantage nos relations avec Israël. La décision du Conseil d'association de décembre 2008 reste donc valable » mais le lancement et le rythme de ce processus dépendront de la manière dont le gouvernement israélien s'engagera dans le processus de paix, a expliqué le ministre tchèque des Affaires étrangères à la presse. À cet égard, le récent discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, dans lequel il avait indiqué que l'État hébreu pourrait envisager la création d'un « État palestinien » à condition qu'il soit démilitarisé et qu'il accepte Israël comme l'État du peuple juif, est un « premier pas » positif, a souligné M. Kohout, répétant la position que le Conseil « Relations extérieures » avait prise quelques heures auparavant en adoptant des conclusions sur le Proche-Orient (EUROPE n° 9921).
Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères qui a participé lundi soir au Conseil d'association, s'est montré plutôt constructif lors de la conférence de presse estimant que c'était « le bon moment » pour négocier avec les Palestiniens et soulignant à plusieurs reprises la nécessité de parvenir à une « paix globale » au Proche-Orient. Il a aussi affirmé qu'Israël était prêt à entamer immédiatement - et sans aucune précondition - des pourparlers directs avec les Palestiniens et les autres pays arabes de la région, y compris la Syrie. « Le discours de notre Premier ministre Netanyahou (de dimanche) a été très positif, très pacifique. Nous pensons que nous pouvons désormais entamer des négociations avec les Palestiniens sans la moindre précondition. Nous attendons aussi de la part de l'Union européenne qu'elle encourage le dialogue entre nous et les Palestiniens et qu'elle soutienne l'idée d'ouvrir des négociations sans précondition. Il est dans notre intérêt, dans l'intérêt des Palestiniens et dans l'intérêt de l'Union européenne de parvenir à une solution globale dans la région », a déclaré M. Lieberman aux journalistes. Le ministre israélien a aussi salué la récente initiative des États-Unis pour relancer le processus de paix. « Nous soutenons la vision du président Obama » selon laquelle la recherche de la paix nécessite qu'il y ait des relations et des contacts bilatéraux entre tous les pays de la région, a dit M. Lieberman.
Iran. Sans vouloir s' « immiscer » dans le processus électoral et les affaires intérieures de l'Iran, M. Lieberman a réitéré à Luxembourg la crainte israélienne de voir l'Iran développer l'arme nucléaire. « L'Iran constitue la menace la plus importante dans la région, le plus grand facteur d'instabilité », a-t-il dit à la presse. « La communauté internationale doit arrêter le programme nucléaire iranien en adoptant des sanctions plus sévères » car « l'Iran est plus dangereux que la Corée du Nord », a souligné M. Lieberman. (H.B.)