Luxembourg, 16/06/2009 (Agence Europe) - L'association européenne des gestionnaires d'infrastructures ferroviaires (EIM) a fortement critiqué l'approche adoptée par le Conseil concernant la mise en place d'un réseau ferroviaire de fret compétitif (EUROPE n° 9919), estimant en particulier que la gestion du réseau serait rendue plus lourde et plus restrictive pour d'autres acteurs du marché, comme par exemple les opérateurs portuaires. Dans une déclaration publiée vendredi 12 juin, l'EIM dénonce « un marchandage purement politique » qui a mené à l'adoption d'une liste de corridors ferroviaires prédéfinie et critique le « manque d'ambition » en ce qui concerne la mise en place des règles de priorité pour le fret ferroviaire. « L'industrie s'attend à une définition des corridors flexible et en phase avec les besoins du marché et non à une liste des corridors basée uniquement sur des décisions politiques », indique dans le communiqué le secrétaire général de l'association, Michael Robson. En particulier, les gestionnaires de l'infrastructure estiment que les nombreuses références aux « besoins des passagers » incluses dans le texte de l'accord politique négocié permettront à certains gestionnaires d'infrastructures de « fermer les yeux sur les besoins en matière de fret ». L'association dénonce également le remaniement de la structure de gestion des corridors de fret faite par le Conseil par rapport à la proposition de règlement initiale (le Conseil introduit dans le conseil exécutif des corridors les représentants des États membres en plus des gestionnaires d'infrastructures), en estimant que cette nouvelle mouture rendra la gestion des corridors trop lourde. L'EIM s'oppose aussi à l'exclusion par le Conseil des « candidats autorisés », autres que les entreprises ferroviaires, à demander des sillons. « EIM croit que d'autres acteurs (…), tels que les commissionnaires ou les opérateurs portuaires devraient avoir le droit de se voir allouer des sillons », peut-on lire dans un communiqué qui appelle au maintien dans le texte de cette disposition, soutenue par le Parlement européen, et estime que le Conseil « a raté une belle occasion de renforcer la demande de fret ferroviaire ». (A.By.)