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Bulletin Quotidien Europe N° 9895
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/conseil europÉen

Le sommet de juin désignera le prochain président de la Commission et approuvera les « garanties juridiques » pour les Irlandais sur le Traité de Lisbonne, déclare Alexandr Vondra qui soutient M. Barroso

Bruxelles, 05/05/2009 (Agence Europe) - Le vice-Premier ministre tchèque sortant, Alexandr Vondra, se veut optimiste: selon lui, le Conseil européen de juin parviendra à un accord sur les « garanties juridiques » que les 27 ont promises aux Irlandais en décembre en échange de l'engagement du gouvernement irlandais d'organiser un nouveau référendum sur la ratification du Traité de Lisbonne avant fin octobre 2009. Les travaux de rédaction de ces garanties sont toujours en cours mais j'ai confiance, le sommet de juin sera en mesure de les approuver, a dit M. Vondra mardi après-midi devant les députés européens réunis en séance plénière à Strasbourg. Il s'est par ailleurs dit optimiste quant à l'approbation par le Sénat tchèque ce mercredi de la ratification du nouveau traité (voir autre nouvelle), tout en mettant en garde contre toute forme de pression sur les sénateurs tchèques qui doivent pouvoir faire leur choix « en toute indépendance ». « Toute pression pourrait s'avérer contre-productive », a dit M. Vondra.

M. Vondra a aussi indiqué que le Conseil européen de juin désignerait le président de la prochaine Commission, conformément à la procédure prévue par le traité de Nice (c'est-à-dire avec un simple vote de confirmation du PE). Étant « pleinement consciente » du souhait du PE d'être impliqué dans cette procédure de désignation comme si le Traité de Lisbonne était déjà en vigueur, la présidence tchèque est prête à « consulter le Parlement immédiatement après les élections européennes, dans l'esprit du Traité de Lisbonne », a dit
M. Vondra. Le vice-Premier ministre tchèque démissionnaire a aussi laissé son « testament personnel » en donnant son plein soutien à M. Barroso. « C'est le gars qui doit diriger la Commission au cours des cinq prochaines années », a lancé M. Vondra.

La crise économique sera un autre sujet phare du sommet de juin. Il est important que l'UE formule des « réponses supplémentaires » à cette crise, notamment en matière de régulation et de supervision du secteur financier, estime M. Vondra. Le Conseil européen fera aussi le point sur l'état des négociations internationales sur le changement climatique en vue de la conférence de Copenhague en décembre 2009. L'UE est prête à porter une grande partie de la charge financière, mais le montant de son engagement financier international (ainsi que le partage du fardeau au sein des 27) dépendra de l'engagement des autres partenaires, notamment des USA, a souligné M. Vondra.

José Manuel Barroso n'a pas dit un mot sur la désignation du futur président de la Commission, mais a profité du débat pour dresser un bilan très positif du travail fait par le Parlement mais aussi par sa propre Commission au cours des cinq dernières années. « Vous pouvez être légitimement fiers du travail accompli », a lancé le président de la Commission aux députés, saluant un « bilan remarquable ». Des « décisions historiques », comme sur le paquet climat/énergie, ont été prises au cours de cette législature mais aussi de nombreuses autres mesures qui ont des effets directs pour les citoyens, leur sécurité et leurs libertés. Des réformes de fond ont été engagées dans les domaines du marché intérieur, de l'agenda social, des télécommunications, de l'énergie, de l'environnement, de la justice et des affaires intérieures. « Sur tous ces points, la modernisation entreprise porte l'empreinte du Parlement », a estimé M. Barroso. Félicitant la présidence tchèque, il a rappelé que, jusqu'à ce jour, « près de 50 propositions législatives de la Commission ont déjà été définitivement adoptées en codécision sous la présidence tchèque ». Tous ces résultats concrets obtenus doivent être présentés « avec conviction et clarté » aux citoyens européens qui éliront un nouveau Parlement européen en juin, a dit M. Barroso. Lors du Conseil européen de juin, l'UE devra confirmer sa volonté d'avancer sur tous les plans, malgré la crise économique et les incertitudes institutionnelles sur le Traité de Lisbonne. Sur ce dernier point, le sommet devra adopter les garanties juridiques promises aux Irlandais car l'UE a urgemment besoin du nouveau traité, a insisté M. Barroso. Sur le changement climatique, le Conseil européen devra également envoyer un signal clair aux partenaires internationaux que l'UE demeure engagée en faveur d'un accord ambitieux à Copenhague en décembre.

Pour le groupe du PPE-DE, Joseph Daul a insisté que le Conseil européen de juin devra respecter « sans hésitation » le Traité de Nice et procéder à la nomination du prochain président de la Commission en tenant compte des résultats des élections européennes (c'est-à-dire qu'il devra appartenir à la principale famille politique du futur PE).

Hannes Swoboda (PSE) a insisté sur l'importance de consulter le PE avant la désignation du président de la Commission. Le groupe socialiste, qui veut un « changement de cap » de la politique européenne vers une Europe plus sociale, ne soutiendra qu'un président de la Commission qui s'engage fermement dans cette nouvelle direction, a dit M. Swoboda (voir autre nouvelle). Les récentes propositions de la Commission sur les fonds spéculatifs sont insuffisantes, trop poreuses (« comme du fromage suisse ») et donc « inacceptables ».

Graham Watson (ADLE) s'est plaint de l'incertitude juridique sur les règles (Nice ou Lisbonne ?) qui doivent s'appliquer pour le renouvellement de la Commission. Il faudrait que la désignation du président et du reste de la Commission se fasse sur une même base juridique, estime-t-il. Les citoyens demandent de la clarté, ce qui voudrait dire que soit le Traité de Nice, soit le Traité de Lisbonne devrait être appliqué pour le renouvellement de l'ensemble de la Commission (président et membres), recommande M. Watson.

Pour les Verts/ALE, Monica Frassoni estime qu'il n'est pas nécessaire de se précipiter pour désigner le prochain président de la Commission tant qu'on ne sait pas quel traité sera appliqué pour les autres commissaires. « Faire du saucissonnage serait une mauvaise idée », estime-t-elle. Mme Frassoni a aussi critiqué les socialistes européens pour ne pas avoir proposé de candidat alternatif à M. Barroso. Vous demandez un changement de politique vers une Europe sociale mais vous ne proposez pas de candidat pour mener ce changement, a-t-elle dit. (H.B.)

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