Bruxelles, 05/05/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Science et de la Recherche, Janez Potoènik, a indiqué lundi 4 mai, qu'il était temps pour les pays de l'Union européenne de respecter leurs engagements pour financer la recherche et le développement (R&D). « J'ai pris bonne note de l'annonce du président Obama de faire passer les dépenses en R&D à 3 % aux États-Unis. Alors que nous nous étions fixés un objectif similaire en 2002, la dépense en R&D dans l'UE n'atteint aujourd'hui que 1,84% », a déploré
M. Potoènik, lors de la réunion informelle du Conseil Compétitivité, à Prague. « L'UE doit prendre au sérieux les objectifs qu'elle s'est fixés », a-t-il ajouté, expliquant que la crise constitue une opportunité unique d'appliquer des mesures décidées mais encore jamais appliquées. Pour sa part, le ministre tchèque de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports, Ondøej Liška, a mis en avant « la responsabilité » des États membres dans la recherche et l'innovation, rappelant que « c'est à eux d'agir ». Et de poursuivre: « Aucun changement profond ne pourra être réalisé dans les temps de prospérité et de paix, mais au contraire dans les temps de turbulences ». Le commissaire a également estimé qu'il fallait faire évoluer l'Espace européen de la recherche (EER) suivant l'exemple d'Internet 2.0 et de ses applications, à l'instar de Wikipedia où tous les utilisateurs sont invités à contribuer activement. « Nous devons admettre que l'EER n'est pas encore une réalité pour la plupart des parties prenantes et des citoyens, car la plupart d'entre eux n'en connaissent même pas l'existence », a-t-il déploré. « En un mot, notre objectif est de passer de la version 1.0 de l'Espace européen de la recherche géré par les spécialistes à la version 2.0 à la gestion de laquelle participeront tous les citoyens et parties intéressés », a-t-il affirmé. Pour le commissaire, cette démarche doit être explorée sous la Présidence suédoise. À l'ordre du jour de la réunion figuraient deux domaines faisant partie de la mise en œuvre de la Vision 2020 pour l'Espace européen de la recherche, à savoir les relations au sein du triangle de la connaissance (science, éducation, innovation) au niveau des politiques, et la mobilité des chercheurs dans l'UE. Concernant ce dernier point, les délégations sont tombées d'accord pour que le sujet soit également examiné par les ministres chargés des Affaires sociales, compte tenu des difficultés soulevées par la transférabilité des pensions et des bourses des chercheurs d'un pays à l'autre. Le ministre a indiqué que les détails seraient connus lors de l'adoption de conclusions en juin. (B.C.)