Bruxelles, 29/04/2009 (Agence Europe) - Invité à débattre du futur rôle du PE lors d'une conférence organisée mardi 28 avril à Bruxelles par l'IFRI (Institut français des relations internationales), le travailliste britannique Richard Corbett (PSE) a plaidé pour un renforcement du contrôle parlementaire sur l'exécutif: « Tant qu'il n'y aura pas d'effet visible de l'action du Parlement européen sur le gouvernement exécutif » (NdlR, la Commission), il est normal d'avoir un taux de participation faible aux élections européennes », a-t-il argué. Évoquant la désignation du futur président de la Commission européenne, il a affirmé que « le choix du futur chef de l'exécutif devrait être un choix politique ». En tout état de cause, « la décision sur la composition de la future Commission doit être prise avant les élections », considère Sylvie Goulard, présidente du Mouvement européen de France et candidate Modem au futur PE, qui défend « plus de démocratie dans l'élection de la Commission européenne ». La campagne « Stop Barroso » des Verts européens a été présentée par la députée italienne Monica Frassoni (Verts/ALE), comme un moyen de « politiser la campagne pour les élections européennes ». S'il est nécessaire que les gens se rendent aux urnes, il faut aussi « les convaincre qu'ils ne doivent pas rater l'occasion de faire le bon choix », a-t-elle ajouté, défendant le choix d'une « meilleure régulation » et de la « révolution verte » pour répondre à la crise économique et financière.
Le manque de visibilité du PE proviendrait également du « manque de transparence du processus décisionnel européen », estime le professeur d'économie allemand Joachim Starbatty. Du fait de l'enchevêtrement des échelons (européen, national, régional et local) de prise de décision, « les citoyens ne comprennent pas comment Bruxelles peut avoir un impact sur leur vie quotidienne », ce qui explique, selon l'économiste allemand, que « Bruxelles reçoive plus de critiques que de compliments ». Par exemple, « les Allemands se réjouissent du renforcement du droit des passagers sans savoir pour autant que c'est le résultat de la transposition d'une directive européenne ». Alors que le Traité de Lisbonne est actuellement soumis à la Cour constitutionnelle allemande pour un test de compatibilité du texte européen avec la loi fondamentale allemande, Joachim Starbatty déplore « le manque de débat public » à ce sujet. Selon lui, « il faut expliquer le projet européen aux citoyens »: le Traité de Lisbonne, en transférant davantage de compétences au niveau européen, avance vers « un système fédéral sans qu'il n'existe par ailleurs une structure ou une unité fédérale européennes ». « Si plus de démocratie passe par plus de caractéristiques fédérales, alors je ne vois pas où est le mal, même en tant que Britannique », a alors rétorqué Richard Corbett tout en faisant l'éloge du parlementarisme européen, marqué par davantage de « pluralisme politique » et traversé par de « multiples oppositions ». Contrairement aux parlements nationaux qui servent parfois de chambres d'enregistrement des décisions prises par les gouvernements, la « majorité au PE est à construire en permanence, dossier par dossier », a conclu le député britannique. (Y.P.)