Bruxelles, 29/04/2009 (Agence Europe) - Les sondages sur les prochaines élections européennes font craindre, une fois de plus, et peut-être plus que jamais, un très lourd abstentionnisme. Or, les circonstances actuelles plaideraient, au contraire, pour une plus forte mobilisation européenne. Ainsi, la « dramatique crise économique mondiale » rend les citoyens de l'UE, même dans des pays non membres de la zone euro, comme le Royaume-Uni, de plus en plus conscients de la nécessité d'un rôle de l'Union européenne. C'est ce que constate Pietro Calamia, ancien représentant permanent de l'Italie auprès de l'UE, dans Affari Esteri d'avril-juin 2009. L'Ambassadeur Calamia se souvient, trente ans après les premières élections directes au Parlement européen, de « l'intense débat » qui avait eu lieu, lors du Conseil européen des 1er et 2 décembre 1975 à Rome, sous la présidence d'Aldo Moro, sur « le principe même » de l'élection directe, et il rappelle que Harold Wilson, soutenu par le Danemark, avait présenté alors deux objections, pour lui, fondamentales. La première portait sur le principe même d'une élection politique qui se tiendrait à une date fixe, alors qu'au Royaume-Uni, le Premier ministre décide lui-même la date des élections générales. Deuxièmement, l'élection directe d'un parlement pratiquement sans pouvoir (notamment budgétaire) n'était pas justifiée. Ce n'était pas là « la vision politique » d'Aldo Moro, qui remarquait qu'un parlement élu aurait revendiqué davantage de pouvoirs, note Pietro Calamia. Et il conclut: après les premières élections européennes de juin 1979, le Parlement européen à peine élu, rejetait, en décembre de la même année, le budget européen proposé pour 1980. Et, dès cette première législature, le Parlement européen adoptait, à l'initiative d'Altiero Spinelli, un projet de Traité d'Union européenne qui devait entraîner la révision des Traités de Rome et l'adoption de l'Acte unique, avec des conséquences politiques et institutionnelles d'une portée incontestable. (M.G.)