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Bulletin Quotidien Europe N° 9892
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Élargissement

L'adhésion des pays des Balkans et de la Turquie n'empêchera pas nécessairement l'approfondissement de l'UE, affirme Olli Rehn

Bruxelles, 29/04/2009 (Agence Europe) - L'adhésion des pays des Balkans occidentaux et de la Turquie ne mettra pas nécessairement un terme à l'approfondissement de l'intégration européenne à condition que les États membres aient la « volonté politique » de réformer le budget et les politiques communes de l'Union « bien en avance », estime le commissaire à l'Élargissement. « Il n'y a aucune contradiction inhérente entre approfondissement et extension de l'Union européenne. Les deux processus doivent se poursuivre parallèlement », a dit Olli Rehn dans un entretien avec EUROPE. « C'est pourquoi il est tellement important que le Traité de Lisbonne soit ratifié et entre en vigueur au 1er janvier 2010. Ce traité ouvrira la voie à une Union plus intégrée et plus étroite », dit-il. L'histoire, a poursuivi le commissaire, a démontré que l'élargissement de l'UE n'a jamais empêché son approfondissement et que les deux processus sont compatibles. « Après chacun de ses cinq élargissements, l'Union a été capable de faire des pas importants vers une intégration politique et économique plus poussée. Au cours des 20 dernières années, l'UE a plus que doublé le nombre de ses membres, de 12 à 27. Cela ne l'a pas empêché de créer le grand marché intérieur, une monnaie unique, de développer une politique étrangère et de sécurité commune et de lancer d'autres politiques communes, comme celle en matière de justice, de liberté et de sécurité », affirme M. Rehn.

Pour préparer l'UE aux nouveaux membres, M. Rehn plaide pour une réforme profonde du budget et des principales politiques communes au plus tard au moment de l'adoption des prochaines perspectives financières 2014-2020. Il compare cette échéance aux réformes de l'« Agenda 2000 » que les Quinze de l'époque avaient adopté en mars 1999 pour préparer l'UE à l'entrée des dix nouveaux membres en 2004 et de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. « L'Agenda 2000, avec sa réforme du budget, de la PAC et de la politique régionale a permis une intégration ordonnée des douze nouveaux membres. La conclusion que j'en tire est que ce qui a été possible dans le passé est aussi possible dans le futur à condition que nous ayons la volonté politique de le faire », déclare M. Rehn. Le commissaire estime que l'adhésion de la Croatie, programmée pour 2011, ne devrait poser aucun problème d'absorption à l'UE - ni sur le plan budgétaire, ni au niveau du fonctionnement des politiques communes. En revanche, l'entrée des autres pays des Balkans et, en particulier, de la Turquie nécessitera des réformes politiques et un cadre budgétaire adapté, dit-il. « Nous devons faire ces réformes politiques et budgétaires suffisamment tôt afin d'assurer que l'Union préserve sa capacité de poursuivre ses politiques communes, même après l'élargissement » quand elle comptera une trentaine de pays membres, insiste le commissaire. M. Rehn soutient fermement la perspective d'adhésion de la Turquie. L'avenir de l'UE dépendra de plus en plus du rôle qu'elle sera capable de jouer dans un monde globalisé qui doit faire face à de nombreux défis internationaux, explique-t-il. Dans ce contexte, « la Turquie peut être un atout majeur pour l'Union européenne ».

« La politique d'élargissement n'est pas en panne ». Même si le contexte politique actuel n'est pas très propice à l'élargissement (crise économique, incertitude persistante sur l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, fatigue d'élargissement, etc.), M. Rehn réfute l'idée que la politique d'élargissement de l'UE soit en panne. « Je ne pense pas du tout que l'élargissement soit en crise », dit-il. Le « consensus renouvelé » sur l'élargissement, approuvé par le Conseil européen en 2007, reste « valable » tout comme la perspective d'adhésion offerte aux pays des Balkans et à la Turquie, insiste M. Rehn. « Je regrette qu'un certain nombre de problèmes bilatéraux affectent en ce moment le processus d'adhésion de certains pays », dit M. Rehn, faisant référence au conflit frontalier entre la Slovénie et la Croatie, aux divergences entre la Grèce et l'ARYM sur le nom « Macédoine », au veto néerlandais sur l'ASA de la Serbie ou encore aux multiples blocages (France, Chypre) qui subsistent dans les négociations d'adhésion avec la Turquie. « Ces problèmes ont tous leurs propre histoire et caractéristiques. Ils ne peuvent pas tous être mis dans le même sac. Lors du dernier élargissement, nous avions aussi connu des problèmes bilatéraux de ce genre », rappelle M. Rehn. « L'essentiel, c'est que l'Union continue à respecter ses engagements », conclut M. Rehn. (H.B.)

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