Bruxelles, 31/03/2009 (Agence Europe) - Trois jours avant la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui se prononcera sur les taux d'intérêt de la zone euro (jeudi 2 avril), Jean-Claude Trichet a confirmé que l'inflation restera « bien en deçà de 2% cette année et en 2010 ». Devant la commission des affaires économiques et monétaires du PE, le président de la BCE n'a pas commenté les intentions de la Banque, mais la diminution des pressions inflationnistes et les indices de confiance au plus bas incitent les observateurs à parier sur une nouvelle baisse des taux. La reprise est tributaire du retour de la confiance qui dépend elle-même de la mise en œuvre rapide des décisions prises, a insisté M. Trichet.
Appliquer rapidement les mesures de relance. En termes de relance économique, l'important n'est pas de prendre de nouvelles mesures, « mais de mettre en œuvre ce qui a été décidé. L'essentiel, c'est que le secteur financier soit de nouveau en mesure de prêter de l'argent », a-t-il insisté auprès de José Manuel Garcia-Margallo y Marfil (PPE-DE, espagnol). Observant un « véritable rapprochement » des positions entre les dirigeants européens et américains en vue du G20, il estime: « Nous avons tous le même objectif: nous voulons les emplois et la croissance ». À Elisa Ferreira (PSE, portugaise) et d'autres, il répète donc qu'il faut appliquer les décisions prises. « Le mot clé, c'est la mise en œuvre, l'exécution (…) tout est une question de confiance ». Mais quand peut-on s'attendre à une reprise de l'économie à rythme durable ? s'inquiète Margarita Starkevièiûtë (ADLE, lituanienne). « 2009 est une année particulièrement difficile où il y aura une croissance négative tout au long de l'année probablement. Si nous faisons tout ce qui est nécessaire, si nous ne nous trompons pas, si nous arrivons à retrouver la confiance qui a été perdue (…) alors nous verrons la relance au cours de l'année 2010. Mais cela dépend de nous ».
Supervision financière et rôle de la BCE. Saluant la proposition du groupe « Larosière » de créer un conseil européen sur le risque systémique sous l'égide de la BCE, il a souligné le besoin que les alertes sur les vulnérabilités du système que le Conseil fournira « se traduisent par des actions politiques ». Il est donc « très important d'être sûr que les recommandations vont bien au bon endroit » (elles devraient être discutées par le Conseil Écofin, selon lui), a-t-il précisé à Jean-Paul Gauzès (PPE-DE, français).
Pas d'adoption accélérée de l'euro. L'adoption de l'euro ne peut pas remplacer la mise en place de politiques nationales favorisant une convergence appropriée. « Nous ne sommes pas une entité fermée », mais « il faut respecter les règles, c'est une bonne chose pour tous ! ». Une « adoption prématurée de l'euro peut rendre la situation de certains pays plus difficile », augmentant le risque inflationniste, a-t-il précisé en repoussant tout changement de règles ou toute accélération de la procédure d'élargissement de la zone euro. (A.B.)