Bruxelles, 31/03/2009 (Agence Europe) - « La situation économique dans la zone euro continue à se détériorer », a confirmé, mardi 31 mars, Jean-Claude Juncker. Si la reprise modérée interviendra en 2010 et 2011, « nous passerons encore quelques années à nous occuper des conséquences de la crise », a ajouté le président de l'Eurogroupe devant la commission des affaires économiques et monétaires du PE, où il est revenu sur plusieurs points qui font débat.
Des plans de relance européens suffisants. « Je pense très sincèrement que nous n'avons pas besoin d'augmenter le volume de nos plans de relance », sans avoir au préalable calculé l'impact des mesures qui sont en cours. « Nous nous sommes ridiculisés » sur la question des 5 milliards d'euros (le budget européen est aussi « ridiculement petit »), mais « les mesures des différents États membres sont remarquables ». Si « la coordination n'est pas optimale », je ne relève pas, entre les différents plans étatiques, de contradictions flagrantes. En tout état de cause, « on ne peut pas faire la même chose partout », mais si l'on additionne tout ce qui a été fait, « on arrive à 23% du PIB » (contre environ 29% aux États-Unis, selon Jean-Claude Trichet).
Une troïka pour l'emploi décevante. M. Juncker s'est dit déçu de la décision de transformer le Sommet pour l'emploi en une réunion de la troïka et des partenaires sociaux. Certains États membres ne l'ont pas voulu, « moi je le regrette », explique-t-il, en manifestant son intention de participer à la réunion. « J'avais aussi des soucis quant aux résultats que le Sommet social pourrait produire », car sans résultats tangibles et concrets « l'affaire aurait été désastreuse ». Mais une fois l'idée lancée, il aurait été préférable de ne pas revoir le format à la baisse et ainsi éviter de brouiller le message pour les citoyens.
Appel à la cohérence dans le traitement des juridictions non coopératives. « Je voudrais que les courageux en Europe, ceux qui ont beaucoup insisté pour que les trois pays membres (Autriche, Belgique et Luxembourg: Ndlr) abandonnent le secret bancaire, fassent preuve du même courage avec les États-Unis », a fustigé le Premier ministre luxembourgeois. Selon lui, « 81 centres financiers » mondiaux tombent dans cette catégorie. « Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place » (notamment certains États comme le Delaware, le Wyoming, le Nevada). « D'ici le 3 avril, nous saurons si tout cela a été fait pour impressionner le public ou pour apporter une solution à un vrai problème qui existe », a-t-il lancé en vue du G20. (A.B.)