Bruxelles, 17/03/2009 (Agence Europe) - Après le déclin du respect des droits de l'Homme dû à « la guerre contre la terreur », il est temps pour les Européens de faire le point et de redresser la situation, a indiqué, lundi 16 mars, Thomas Hammarberg, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. « C'est maintenant au tour des gouvernements européens de faire le bilan de leurs propres pratiques pendant les années Bush et de prendre des mesures pour y remédier », a-t-il déclaré, faisant référence à l'annonce de la nouvelle administration américaine de fermer d'ici un an le camp de Guantánamo, d'interdire la torture pendant les interrogatoires et les prisons secrètes. Pour appuyer son propos, le Suédois cite le rapport publié en février par le comité international indépendant d'éminents juristes sur les dommages causés par la « guerre contre la terreur » depuis 2001. Le rapport décrit des pratiques antiterroristes telles que la torture, les disparitions, les détentions arbitraires et secrètes, les procès inéquitables et une impunité persistante des auteurs de violations graves des droits de l'Homme. Il rappelle aussi que certains services de sécurité européens ont coopéré étroitement avec la CIA pour transférer des suspects à Guantánamo et dans d'autres lieux pour leur faire subir des interrogatoires illicites, auxquels ont même parfois participé des agents européens. Jugeant « alarmants » les constats de ce rapport, M. Hammarberg appelle donc les gouvernements européens à « corriger le tir ». La situation politique ayant changé à Washington, il devrait maintenant être possible d'entamer un dialogue constructif sur les moyens de garantir que la coopération entre les services ne donne pas lieu à des violations des droits de l'Homme, a souligné le commissaire. « Cela nécessite une volonté ferme de faire la vérité sur le passé récent », a-t-il toutefois martelé. Le gouvernement canadien a ouvert une enquête poussée sur le cas de Maher Arar, un citoyen canadien arrêté dans un aéroport des États-Unis, puis transporté en Syrie où il a été soumis à la torture et à des traitements cruels, inhumains et dégradants. « Cette enquête pourrait servir d'exemple aux gouvernements européens », a estimé M. Hammarberg, jugeant que le temps est venu pour les commissions d'établir les faits. L'intégralité de ses propos est également disponible sur son site: http://www.commissioner.coe.int . (B.C.)