Bruxelles, 17/03/2009 (Agence Europe) - Dans un communiqué de presse publié vendredi 13 mars, Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture, s'oppose à la proposition visant à autoriser, pour les vins de table (vins sans appellation ou indication géographique protégée), le mélange entre vin blanc et vin rouge pour la production de vins rosés. La réglementation communautaire, en vigueur jusqu'au 31 juillet 2009, interdit cette méthode de coupage entre du rouge et du blanc. La Commission européenne a proposé de lever cette interdiction de manière à aligner les règles applicables aux vins communautaires sur les règles internationales et à ne pas pénaliser la production européenne par rapport à ses concurrents mondiaux.
Or, de l'avis du ministère français de l'Agriculture, « une telle décision pourrait remettre en cause l'équilibre économique de la filière des vins rosés, qui a mené depuis de nombreuses années une politique d'amélioration de la qualité des produits dans le respect des modes de fabrication traditionnels ». De plus, ceci empêcherait le consommateur de distinguer les vins rosés issus de mélanges des vins rosés obtenus par des méthodes de macération spécifique.
Consciente des problèmes engendrés par une autorisation du coupage entre vin rouge et vin blanc, la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, accepterait éventuellement la création d'un étiquetage spécifique utile pour différencier les rosés traditionnels de ceux issus de mélanges entre vin blanc et vin rouge. Elle pourrait présenter une proposition en ce sens lors d'une réunion, les 23 et 24 mars, des experts des États membres de l'UE.
Ce problème du coupage pour fabriquer le rosé n'est qu'une question parmi d'autres dans la proposition en examen sur les pratiques œnologiques. Le comité de réglementation des États membres de l'UE votera le 27 avril sur ce projet de règlement. Il est très intéressant de noter qu'un vote indicatif a eu lieu le 27 janvier au sein du comité de gestion sur le règlement des pratiques œnologiques. Les pays qui ont voté contre furent: l'Allemagne (à cause des niveaux de sulfite), la Hongrie (sulfites et à cause du « Tokaj »), ainsi que la Grèce et l'Italie (à cause, pour les deux, de réserves sur la « désalcoolisation » et les mélanges entre des vins de différentes régions). En résumé, aucun pays n'avait soulevé le problème de la fabrication du rosé par le coupage. La France avait voté pour le règlement. L'OMC est aussi consultée. S'il n'y a pas de remarque avant le 18 avril, l'OMC est supposée accepter le texte. (L.C.)