login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9863
Sommaire Publication complète Par article 31 / 36
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Dernière phase avant la construction du projet Nord Stream

Bruxelles, 17/03/2009 (Agence Europe) - Le projet controversé de gazoduc Nord Stream est entré dans la dernière phase précédant sa construction avec le début, lundi 9 mars, du processus de consultation publique transfrontalière dans les neuf pays riverains de la mer Baltique (Allemagne, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pologne, Russie et Suède) sur la sécurité écologique du pipeline sous-marin qui reliera la Russie à l'Allemagne. Dans les cinq pays dont les eaux territoriales seront traversées par Nord Stream, l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, la Suède et la Russie, les citoyens auront la possibilité de faire part de leurs observations sur les incidences environnementales nationales et transfrontalières du projet. Une fois le processus achevé en juin 2009, et les autorisations accordées par Berlin, Copenhague, Helsinki, Stockholm et Moscou, les travaux pourraient débuter en 2010 en vue de premières fournitures de gaz russe en 2011.

Le consortium Nord Stream a adressé aux neuf pays riverains de la Baltique le rapport d'étude d'impact environnemental transfrontalier du projet réalisé, en vertu de la convention d'Espoo sur l'évaluation de l'impact sur l'environnement dans un contexte transfrontalier, par la firme danoise Rambøll. Signée sous les auspices de la Commission économique pour l'Europe de l'ONU (CEE-ONU) en 1991 à Espoo (Finlande) et entrée en vigueur en 1997, cette convention régionale prévoit une élaboration précise des évaluations d'impact sur l'environnement en coopération étroite avec d'autres États. Elle stipule également l'obligation générale des États de notifier et de se consulter sur tous les projets majeurs susceptibles d'avoir un impact transfrontalier préjudiciable important sur l'environnement. Dans les cinq pays dont les eaux seront traversées par le gazoduc (Allemagne, Danemark, Finlande, Suède et Russie), les citoyens pourront s'exprimer sur la sécurité écologique du projet dans le contexte national et international, tandis que les consultations lancées dans les pays baltes et la Pologne porteront sur l'éventuelle influence transfrontalière du gazoduc. Le consortium basé en suisse a en outre achevé ses études d'impact nationales au Danemark et en Finlande et déposé ses demandes d'autorisation de poser et utiliser le pipeline dans les cinq pays dont les eaux territoriales seront traversées.

Selon le chef du bureau de représentation de Nord Stream à Bruxelles, Sebastian Sass, le consortium a dépensé plus de 100 millions d'euros en évaluations d'impact du projet sur l'environnement pour garantir que sa conception et sa route seront sûres. Nord Stream se targue aussi de dialoguer avec les autorités des pays riverains de la Baltique afin de comprendre et prendre en compte leurs préoccupations. « Nord Stream est un

pipeline qui s'adapte à son environnement », assure M. Sass. Son nouveau tracé contourne les zones sensibles, aussi bien en termes de biodiversité et d'environnement marin que de sécurité. Pour le repérage des munitions immergées lors de la 2ème guerre mondiale, non explosées et contenant des substances toxiques, plusieurs tests ont été conduits avec radar, sonar et inspection visuelle par caméra. Des officiers de marine scandinaves ont été sollicités pour des conseils sur les zones sensibles concernant les mines. Le mode de construction du gazoduc devrait pour sa part causer le moins de perturbations possibles, en recourant à des simulations par ordinateur de la consistance du fond des mers et des courants pour éviter la propagation de sédiments contaminés.

Cette phase de consultation publique marque une étape importante pour le projet et confirme le vœu du consortium dirigé par l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder de démarrer la construction du gazoduc en 2010 pour commencer à acheminer le gaz russe vers le marché communautaire en 2011. Pour M. Sass, l'achèvement de cette phase permettra de résoudre toutes les questions pendantes d'ici l'été, de sorte que le consortium obtienne les cinq autorisations nationales avant fin 2009.

Le gazoduc Nord Stream doit relier le port russe de Vyborg au port allemand de Greifswald sous la mer Baltique. Long de 1 220 km (le plus long pipeline sous-marin au monde) et d'une capacité annuelle de 27,5 milliards de m3 (qui doit atteindre 55 milliards de m3 dans sa deuxième phase d'exploitation), le gazoduc doit voir sa première conduite sera mise en exploitation en 2011. Nord Stream est détenu à 51% par le gazier russe Gazprom, à 20% chacun pour les énergéticiens allemands BASF/Wintershall et E.ON Ruhrgas et 9% par l'énergéticien néerlandais Gasunie. (E.H.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES