Bruxelles, 17/03/2009 (Agence Europe) - Dans le contexte de crise financière et économique que traverse actuellement l'Union européenne, la Commission européenne attache une importance majeure à ce que les préoccupations des citoyens soient placées au cœur des politiques européennes, en particulier à travers la mise en œuvre du plan de relance. Dans cet esprit, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a voulu associer le Comité économique et social européen (CESE) à la préparation du Sommet extraordinaire pour l'emploi, qui se tiendra début mai à Prague à sa demande. La conférence du mardi 17 mars à Bruxelles sur l'impact de la crise sur l'économie réelle préparait la contribution du CESE au Sommet qui se tiendra le 7 mai à Prague (EUROPE n° 9862).
L'idée d'un Sommet extraordinaire pour l'emploi « est une idée importante car je crois que les citoyens ne comprendraient pas que les leaders européens se réunissent si souvent pour discuter des systèmes financiers et des banques et qu'ils n'aient pas le temps de se focaliser sur la question sociale, et notamment sur le chômage », a indiqué le président Barroso au cours d'un entretien avec Europe auquel participait aussi le président du CESE, Mario Sepi. « Cela ne veut pas dire que c'est là qu'on va commencer l'effort. Les mesures que nous avons prises pour la relance sont déjà des mesures pour l'emploi. Mais le mois de mai va nous permettre de concentrer nos esprits pour voir quelle a été l'évolution jusqu'ici et quelles mesures additionnelles seront nécessaires », a affirmé M. Barroso. « Soyons clairs là-dessus: l'Europe peut faire beaucoup mais surtout en termes de coordination car, à la fin, c'est au niveau national que le levier budgétaire repose essentiellement », a-t-il ajouté. C'est pourquoi le Président Barroso « trouve très important » ce Sommet pour l'emploi tout comme l'association du CESE à sa préparation, pour tenir compte de ses rapports et avis « de très grande qualité, non seulement de qualité technique mais aussi en ce que le Comité apporte en termes de consensus ». « À défi exceptionnel, réponse exceptionnelle », estime le Président pour qui « cela ne vaut pas seulement pour les gouvernements et les institutions. Il faut aussi que les sociétés civiles et les partenaires sociaux s'engagent en ce sens, que tout le monde fasse un effort pour apporter cette réponse ». D'où l'importance du CESE qui a « en soi-même cette culture de coopération des sociétés civiles qui est extrêmement importante notamment en période de crise ».
Concernant les efforts que peuvent faire les États membres au vu de l'ampleur et de la soudaineté de la crise, M. Barroso a noté que « le niveau d'effort que nous faisons au niveau européen, peut toujours être discuté (…). C'est sans précédent, on n'a jamais fait de façon coordonnée un effort si puissant. Nous estimons à 3,3% du PIB l'effort en termes budgétaires si on considère aussi les stabilisateurs automatiques. Je n'exclus pas que d'autres mesures ne soient pas nécessaires. Ce que je pense - et cela a été très bien reçu par le CESE - c'est qu'on doit se concentrer sur l'exécution de ce que nous avons décidé au lieu de commencer à faire des spéculations sur des scénarios encore plus négatifs. C'est vrai que nous sommes dans une situation sérieuse et difficile mais nous sommes en train d'y apporter une réponse. Concentrons-nous maintenant sur l'exécution des mesures que nous avons prises collectivement et travaillons avec nos partenaires non européens pour avoir une réponse globale ». M. Barroso a dit espérer que « cette orientation sera suivie d'un consensus lors de notre Conseil européen de cette fin de semaine ». Le président s'est encore félicité de ce que nous avons un modèle social européen et une économie sociale de marché « parce que c'est quand même différent quand on va au chômage d'être dépendant des « food stamps » que d'avoir au moins pendant un certain temps quelques garanties minimales, qui sont quand même très importantes quand on compare avec ce qui se passe partout dans le monde ».
Mario Sepi a précisé que la contribution du CESE au Sommet pour l'emploi de Prague consiste tout d'abord en la mobilisation sociale des conseils économiques et sociaux nationaux. « Cela peut donner une certaine cohérence et créer une atmosphère de confiance de la société civile à l'égard de la situation de crise », a commenté le président du CESE. Cette contribution présentera « une analyse plus profonde du marché du travail européen pour intervenir de manière très ciblée sur certaines couches de la population ». Une analyse importante à réaliser dans un contexte où, par exemple, au cours des 4-5 dernières années, on constate que sont embauchés dans les usines des travailleurs dont 4% sont des travailleurs précaires, et dont les premiers concernés sont les jeunes. M. Sepi s'est félicité de ce que M. Barroso ait mis en exergue la cohésion du CESE et sa grande pratique du compromis. (G. B.)