Bruxelles, 02/02/2009 (Agence Europe) - L'adhésion à l'UE reste une option sérieuse pour l'Islande même si le nouveau gouvernement de centre-gauche dirigé par la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, qui a pris ses fonctions le 1er février, n'envisage pas de déposer une demande d'adhésion dans l'immédiat. « À ce stade, le nouveau gouvernement n'a pas l'intention de poser une candidature d'adhésion (à l'UE) mais il a dit qu'il allait examiner de près la question », a déclaré le porte-parole du gouvernement islandais, Kristján Kristjánsson, le 2 février à EUROPE. La question de l'adhésion à l'UE « n'est pas urgente » car la priorité numéro un du gouvernement sera de lutter contre la crise financière et de stabiliser l'économie, a-t-il commenté. Ce qui ne veut pas dire que la question européenne ne se posera pas dans un proche avenir. En effet, le nouveau gouvernement a annoncé lundi des élections anticipées pour le 25 avril. « Il est très probable que l'adhésion à l'UE sera l'un des grands sujets » de ces élections car il appartiendra au gouvernement qui sortira de ce scrutin de trancher sur l'opportunité ou pas de déposer la candidature d'adhésion à Bruxelles, estime aussi M. Kristjánsson. Afin de préparer cette importante décision, le gouvernement de Mme Sigurdardottir a décidé lundi de mettre sur pied une commission parlementaire qui devra évaluer les avantages et inconvénients d'une entrée dans l'UE et faire rapport au plus tard le 15 avril. L'exercice sera délicat car la coalition gouvernementale est divisée sur ce sujet: les sociaux-démocrates sont favorables à l'adhésion, le mouvement de la gauche et des Verts y est strictement opposé. L'opposition, elle aussi, est divisée sur la question européenne. Le parti de l'indépendance (droite) du Premier ministre sortant Geir Haarde est très majoritairement hostile à une adhésion à l'UE tandis que le parti progressiste (centre), jusqu'il y a peu anti-européen, soutient aujourd'hui fortement l'option européenne.
La Commission européenne semble d'ores et déjà soutenir une éventuelle demande d'adhésion en provenance de Reykjavik. Dans le Guardian du 30 janvier, le commissaire Olli Rehn anticipe des négociations d'adhésion plutôt faciles qui pourraient permettre à l'Islande de rallier l'Union au même moment que la Croatie (2010 ou 2011 ?). « L'UE préfère voir deux pays adhérer au même moment qu'individuellement. Si l'Islande dépose sa demande d'adhésion bientôt et si les négociations se déroulent rapidement, la Croatie et l'Islande pourraient rallier l'UE ensemble », affirme-t-il. M. Rehn estime que, grâce à son importance économique et stratégique, l'Islande (« l'une des plus anciennes démocraties au monde ») serait certainement un « plus » pour l'UE. (H.B.)