Bruxelles, 11/12/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Syrie procéderont, dimanche
14 décembre, au paraphe du texte de l'accord d'association devant prendre la relève de l'accord de coopération signé en 2007. Le paraphe ne sera que la première étape d'une procédure qui pourrait être moins longue que celle qui a été lancée en 2004 après un premier paraphe non transformé en signature formelle de l'accord. Le blocage était né de l'hostilité de certains États membres (en particulier, la France et le Royaume-Uni) peu convaincus du bien-fondé de nouer de telles relations avec un État ouvertement hostile à Israël et occupant le Liban. Le texte est resté en l'état sur la table du Conseil jusqu'à l'apparition de signes politiques nouveaux tels que le choix européen de reprendre langue avec la Syrie pour l'éloigner de l'Iran et pour l'encourager dans la poursuite du dialogue indirect - sous l'égide de la Turquie - avec Israël et dans la réalisation de ses engagements d'une normalisation des relations entre ce pays et son voisin libanais. L'acte qui sera accompli le 14 décembre signifiera le bouclage final de négociations qui ont formellement débuté en 1998 et réellement démarré en 2002 après avoir été ralenties notamment du fait de Damas où les réticences à l'ouverture économique s'étaient renforcées depuis.
L'accord d'association sera de même nature que ceux signés avec les pays de la rive sud sachant que la Syrie est pleinement engagée dans le dialogue EuroMed.
L'accord comportera un volet politique et visera l'instauration d'un dialogue politique régulier sur les principes démocratiques, les droits humains, la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive. Un volet économique scellera une coopération largement opérationnelle en appui aux réformes économiques et administratives et, au terme d'une période de 12 ans, d'une zone de libre-échange industriel. Il portera sur le commerce des marchandises et des services, sur les règles en matière de marchés publics, sur la protection des droits de propriété intellectuelle, sur la coopération dans un grand nombre de domaines, dont les douanes, les transports, le tourisme et l'environnement, ainsi que sur des dispositions en matière de règlement des différends en conformité avec celles de l'OMC. Il a fallu, par rapport au texte déjà soumis au Conseil en 2004, procéder à une mise à jour négociée pour s'adapter à l'élargissement de l'UE et aux évolutions syriennes fruits de ses réformes dans les domaines normatif et douanier notamment. L'accord inclut également un chapitre consacré à la coopération en matière sociale et culturelle.
En matière commerciale, les exportations de l'UE à destination de la Syrie en 2007 ont été de 3,3 milliards d'euros en ventes de machines et d'équipements de transports (27 %), d'équipements automobiles (7%) et de produits chimiques (27%). Ses importations en provenance de ce pays ont été de 3,2 milliards d'euros, composées 86 % de biens énergétiques, les articles textiles et les produits agricoles se partageant presque à eux seuls les 14 % restants. (F.B.)