Bruxelles, 30/10/2008 (Agence Europe) - Le Conseil européen des énergies renouvelables (EREC) et Greenpeace pressent les gouvernements du monde de ne pas renoncer à investir massivement dans la lutte contre le changement climatique. Dans une étude publiée le 27 octobre intitulée Energy Revolution, ces deux organisations défendent que, combinées à des mesures d'efficacité énergétique, les renouvelables pourraient couvrir la moitié des besoins énergétiques de la planète en 2050 et leur totalité en 2090, si les investissements nécessaires pour réduire la consommation sont réalisés. Au prix d'un investissement de 14 700 milliards de dollars dans le solaire, l'éolien, la géothermie ou la biomasse d'ici 2030, la « révolution verte » permettrait l'émergence d'une industrie très rentable, créatrice d'emplois et efficace dans la lutte contre les émissions de carbone. Avec un investissement planétaire de 9 000 milliards de dollars d'ici 2030, l'industrie mondiale des renouvelables multiplierait son chiffre d'affaires par cinq, de 70 à 360 milliards d'euros et atteindrait, d'ici 2050, la taille de l'industrie des énergies fossiles d'aujourd'hui. Les sommes à investir sont colossales, mais les auteurs de l'étude estiment que d'ici 2030, plus de 18 000 milliards de dollars de dépenses en énergies fossiles seraient économisés dans le seul secteur de l'électricité. Il faut aussi en déduire les investissements nécessaires dans les énergies conventionnelles pour répondre à la demande croissante. Les frais supplémentaires réels nés de ce choix pourraient être portés par les contribuables ou par le commerce des droits d'émissions de CO2, mais seulement pendant dix ou quinze ans, jusqu'à ce que le coût de production des renouvelables rejoigne celui des énergies fossiles et lui devienne inférieur. Selon l'étude, en multipliant par quatre le recours aux renouvelables dans les secteurs de l'énergie, des transports et du chauffage, les émissions de CO2 par personne et par an pourraient être divisées par quatre d'ici 2050. À condition que les pays émergents, comme la Chine et l'Inde participent à un tel mouvement. Notons que les auteurs du rapport ont pris en compte uniquement les technologies déjà existantes ainsi qu'une augmentation de la population mondiale de 50% et une hausse du prix du baril du pétrole à 140 dollars d'ici 2050. L'étude a obtenu le soutien du président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, qui estime son contenu « rigoureux ». L'étude est disponible sur les sites http://www.erec.com et http://www.greenpeace.org . (E.H.)