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Bulletin Quotidien Europe N° 9773
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

à la recherche de nouvelles idées pour mettre fin à la radicalisation violente

Bruxelles, 30/10/2008 (Agence Europe) - Comment réconcilier la lutte contre la radicalisation chez les jeunes et le recrutement des terroristes sans stigmatiser les populations musulmanes ? C'est principalement de cette question que plusieurs responsables politiques et représentants du monde universitaire ou associatif ont débattu, mercredi 29 octobre, lors d'une conférence organisée par European Policy Center (EPC).

« Plus on s'intéresse à la radicalisation, moins l'on sait de quoi on parle ! ». C'est le constat sans appel de Rik Coolsaet, professeur de relations internationales à l'Université de Gand. « La radicalisation, ça commence toujours par une réaction noble face à l'injustice. Au départ, c'est une frustration. On se raidit, on se radicalise et on cherche d'autres personnes, un groupe. Progressivement, vous trouvez que c'est la société qui est responsable de votre sentiment de frustration. Ensuite, c'est le passage à l'acte politique », par exemple le fait de partir combattre les Américains en Irak, a expliqué M. Coolsaet. De son côté, l'ambassadrice américaine auprès de l'UE, Kristen Silveberg, a indiqué: « le Hezbollah, le Hamas, Al-Qaeda. Tous ont une stratégie envers les jeunes. Nous devons proposer une alternative positive ». Pour elle, il faut commencer par « contrer l'idéologie de ces groupes terroristes » en encourageant les discours des musulmans modérés. Mettre fin au recrutement signifie aussi qu'il est nécessaire de développer « des politiques de diversion » (culturelles, éducatives), a-t-elle ajouté. L'autre axe développé par l'ambassadeur consiste à soutenir les mouvements d'opposition au terrorisme et les actions locales (échange d'Imams entre les États-Unis et le Yémen), ainsi que les programmes de dialogue citoyens. « La radicalisation est un sujet sensible car il faut veiller à ne pas stigmatiser telle ou telle religion », a quant à lui rappelé le coordinateur européen de lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove. « Il est très difficile d'identifier quelqu'un en proie à la radicalisation », a-t-il ajouté, rappelant qu'il existait plusieurs facteurs important de radicalisation comme la vulnérabilité et la dynamique de groupe. « Nous nous sommes plus concentrés sur les aspects répressifs que préventifs de la radicalisation, comme l'éloignement des imams », a-t-il encore dit, estimant qu'il fallait désormais travailler sur plusieurs fronts simultanément. Il a annoncé qu'il présenterait prochainement un plan d'action européen révisé sur la radicalisation et le recrutement avec de nouveaux éléments comme le développement de partenariats avec des spécialistes (religieux, des maisons d'édition, des ONG) pour démystifier le prestige de l'islam radical et l'aide aux établissements scolaires. Ghaffar Hussain, membre de la Fondation Quilliam, un groupe de réflexion britannique spécialisé dans la lutte contre l'extrémisme, a lui aussi appelé à « démanteler cette idéologie en agissant sur plusieurs fronts » que ce soit au niveau religieux en ayant recours à des érudits qui démontent la théorie du complot ou en permettant aux mosquées de jouer un rôle actif. Pour M. Hussain, l'État doit aussi être intolérant vis-à-vis des prêcheurs islamistes, surtout lorsqu'ils sont présents dans les écoles. Il a encore mis l'accent sur l'intégration, déplorant la réalité de certains ghettos monoculturels dans la banlieue de Londres, sur la lutte contre le racisme et l'islamophobie. Christophe-Adji Ahoudian, adjoint au maire du 19ème arrondissement de Paris, a raconté comment son quartier a été touché de plein fouet par la radicalisation des jeunes puisque certains d'entres eux sont partis combattre l'armée américaine en Irak (le plus jeune avait 14 ans). Selon lui, plusieurs actions ont porté leurs fruits: - la responsabilisation des parents ; - l'implication des jeunes dans des associations ;
- l'organisation de débats notamment avec les mères ; - la création d'un « comité du vivre ensemble » ; - l'insertion professionnelle. « Un jeune qui a un emploi est moins enclin à partir », rappelle M. Ahoudian. Si cette conférence a permis de constater que des réponses concrètes existaient pour lutter contre la radicalisation, de l'aveu même de Mme Silverberg, « il reste du pain sur la planche ». (B.C.)

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