Paris, 30/10/2008 (Agence Europe) - À l'ouverture de la conférence annuelle de l'Institut d'Études de Sécurité de l'Union européenne, jeudi 30 octobre à Paris, Javier Solana est revenu sur la complexité du monde qui « impose des réponses complexes ». Évoquant les théories réductrices du « choc des civilisations », de la « fin de l'histoire » et du « village planétaire », le Haut représentant de l'UE pour la PESC a constaté que « aucun dogme, aucun slogan n'a finalement résisté face à la complexité du nouveau siècle et de ses enjeux ». Le monde est entré dans une phase de transition qui nécessite lucidité, flexibilité et adaptation, a-t-il fait valoir.
Javier Solana a souligné le rôle joué par l'UE dans la réponse à la crise géorgienne comme à la crise financière. Il a insisté sur la nécessité d'adapter les institutions internationales et d'impliquer les puissances émergentes dans ce travail. Mais ces crises ne doivent pas non plus donner l'illusion qu'il faille renoncer à répondre aux défis du changement climatique, de l'énergie et de la lutte contre la pauvreté. En répondant à une question, le Haut représentant a souligné que les innovations technologiques nécessaires pour répondre au changement climatique peuvent aussi contribuer à sortir de la crise économique. Il a observé que le sénateur de l'Illinois, Barrack Obama, y avait aussi fait référence dans un discours et que l'UE doit prendre garde à ne pas se laisser distancer si les États-Unis s'engagent dans cette voie. Les crises régionales demeurent au Proche-Orient, dans le Caucase, en Afghanistan… et l'Union doit contribuer à leur règlement politique. Elle doit en particulier s'engager plus en Afghanistan, a dit Javier Solana, tout en soulignant que la solution y est « politique et pas militaire » et qu'elle doit impliquer des pays de la région, à commencer par le Pakistan. Le Haut représentant a longuement évoqué la relation transatlantique mais aussi les partenariats stratégiques que l'Union doit réussir à développer avec d'une part la Russie et d'autre part la Chine.
Pour le Haut représentant, les élections américaines de la semaine prochaine offrent « une opportunité unique de relancer le partenariat transatlantique ». « L'Europe doit être prête à assumer plus de responsabilités (…) et mettre plus de moyens sur la table », a dit Javier Solana qui souhaite une Europe capable de « façonner l'ordre du jour » au lieu de simplement se contenter de réagir. Et de souligner à nouveau l'importance de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne pour régler les questions institutionnelles.
Et de conclure: « Façonner et partager. Ces deux mots simples pourraient utilement conduire la politique de l'Union européenne. L'Europe (…) peut contribuer à davantage de stabilité dans un monde complexe dont elle est à la fois l'origine et le résultat. Elle a aussi et surtout cette ambition d'y protéger les plus vulnérables et d'agir contre les injustices. C'est là notre rôle d'Européens. Celui d'acteurs volontaires et responsables ». (O.J.)