Bruxelles, 30/10/2008 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot, et le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Volodymyr Ohryzko, ont officiellement lancé, mercredi 29 octobre à Bruxelles, des consultations sur l'introduction future d'un régime sans visas avec l'Ukraine. « En lançant le dialogue sur le voyage sans visa, l'Union européenne ouvre un nouveau chapitre dans ses relations avec l'Ukraine », a déclaré M. Barrot, lors d'un point presse. La décision du lancement de ce dialogue a été prise lors du sommet UE-Ukraine, le 9 septembre dernier, à Paris (EUROPE n° 9736). Le commissaire a expliqué que ce dialogue se concentrera sur quatre sujets majeurs: la sécurité des documents, notamment grâce à la biométrie, la lutte contre la migration illégale, l'ordre public et la sécurité, ainsi que les relations extérieures. Selon lui, les efforts de l'Ukraine dans la lutte contre la criminalité organisée, la traite des êtres humains et le blanchiment des capitaux, sont également très importants. De son côté, le chef de la diplomatie ukrainienne a espéré que l'UE abolirait le régime des visas pour l'Ukraine avant 2012. « Pour l'Ukraine, il est très important d'achever ce processus avant le championnat d'Europe de football - l'Euro-2012 - conjointement organisé par la Pologne et l'Ukraine », a-t-il souligné. Toutefois, M. Barrot a fait savoir qu'il ne pouvait pas engager la Commission sur un délai précis. « Cela dépend beaucoup des progrès que fera l'Ukraine », a-t-il dit. La Commission européenne s'est par ailleurs engagée à lever les derniers obstacles (prix et rapidité de délivrance des visas), qui subsistent en vue de la bonne application de l'accord de facilitation sur les visas UE/Ukraine, entré en vigueur le 1er janvier dernier (EUROPE n° 9295). « Certains États membres n'ont pas respecté complètement les termes de notre accord. Je lancerai, le cas échéant, des procédures d'infraction contre ceux qui ne respectent pas, par exemple, le prix des visas », a lancé M. Barrot, sans citer les États membres fautifs. En vertu de cet accord, les droits que les États membres Schengen perçoivent pour délivrer des visas aux Ukrainiens sont fixés à 35 euros, sauf cas spécifiques. Cependant, la Pologne, la Belgique et l'Espagne continueraient à pratiquer des tarifs prohibitifs. M. Barrot a enfin indiqué qu'il envisagerait la possibilité de simplifier les procédures de délivrance de visas de longs séjours, l'accord actuel ne portant que sur les visas de moins de trois mois. (B.C.)