Bruxelles, 26/09/2008 (Agence Europe) - Bien qu'il se félicite de la conclusion, en 2006, d'un accord international sur les bois tropicaux (AIBT), le Parlement européen a estimé, mercredi 24 septembre, à une écrasante majorité, que les résultats obtenus grâce à cet instrument sont très en deçà de l'effort nécessaire pour lutter contre la déforestation et ses conséquences, tant sur le changement climatique que sur la biodiversité. Dans une résolution adoptée par 616 voix pour, 9 contre et 10 abstentions, les députés invitent la Commission et les États membres à: - accroître sensiblement les ressources financières consacrées aux efforts pour conserver et exploiter d'une manière écologiquement responsable les forêts tropicales ; - appuyer les initiatives visant à renforcer la gouvernance et les capacités dans le domaine environnemental ; - encourager les filières économiquement viables susceptibles de remplacer l'exploitation forestière, l'exploitation minière et les pratiques agricoles destructrices. Ils estiment aussi que les politiques de marchés publics devraient imposer que le bois et les produits dérivés proviennent de sources légales et durables, et que l'attribution de labels garantissant que le bois mis en vente est d'origine légale et provient de forêts exploitées d'une manière durable pourrait compléter utilement les accords internationaux, à condition que les labels fassent l'objet d'une vérification par des organismes indépendants. Le Parlement souligne aussi que le projet d'accord commercial avec les pays de l'Asie du Sud-Est revêt à cet égard une importance particulière et que tout accord doit comporter un chapitre substantiel consacré au développement durable, dans lequel sont abordés les problèmes de la préservation des forêts ainsi que de la lutte contre l'exploitation illégale. Enfin, la résolution souligne que l'accord requiert l'avis conforme du Parlement et estime que « le Conseil et la Commission devraient accueillir favorablement le surcroît de légitimité et d'acceptation par l'opinion qui découlerait d'une implication plus marquée du pouvoir parlementaire ». Dans un communiqué publié mercredi, Caroline Lucas (Verts/ALE, britannique) se félicite pas ailleurs de l'annonce faite par la Commission européenne, la veille, de son intention de présenter, le 15 octobre, des propositions législatives en matière de lutte contre l'exploitation forestière. (O.L.)