Bruxelles, 26/09/2008 (Agence Europe) - La réunion informelle des ministres de l'UE chargés du Développement, accueillie les 29 et 30 septembre à Bordeaux, sera dominée par l'actualité de la crise alimentaire mondiale et par l'ambition d'améliorer l'architecture européenne et internationale du développement pour une aide aux pays pauvres plus efficace et mieux adaptée aux défis globaux que sont la sécurité alimentaire, la santé et le changement climatique. Permettre à l'Union d'apporter une réponse à la hauteur de ces défis qui fragilisent les efforts de réduction de la pauvreté est l'ambition de la Présidence française.
Cette rencontre ministérielle est organisée à un moment clé de l'agenda mondial du développement puisqu'elle aura lieu au lendemain du Forum de haut niveau d'Accra sur l'efficacité de l'aide des pays riches en septembre, au sortir d'une Assemblée générale des Nations unies qui s'est penchée sur les besoins de l'Afrique et la relance des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), et en amont de la conférence onusienne de Doha sur le financement du développement, consacrée au suivi du processus de Monterrey (29 novembre-2 décembre) .
Dans l'esprit d'Alain Joyandet, secrétaire d'État français à la Coopération au Développement et à la Francophonie qui présidera la session, elle offrira aux ministres l'occasion « d'affiner les options pratiques sur deux grands défis: un défi de réactivité, en fournissant une réponse européenne à la crise alimentaire, et un défi de cohérence, en réconciliant les volets humain, économique, social et durable du développement». C'est en ces termes qu'il résume l'enjeu de la réunion dans sa lettre d'invitation aux ministres. Louis Michel, commissaire au Développement et à l'Aide humanitaire, représentera la Commission européenne. Participeront également des experts de l'agriculture en Afrique et du financement de ce secteur, et le député européen Gay Mitchell (PPE-DE, irlandais).
Les ministres seront invités par la Présidence à échanger leurs points de vue et confronter leurs analyses sur les questions suivantes: quelle est la meilleure réponse européenne pour pouvoir, au-delà de l'urgence, s'attaquer aux causes structurelles de la crise alimentaire ? Comment mieux répondre aux besoins des pays en développement en matière d'adaptation au changement climatique et de renforcement des systèmes de santé, et comment mieux s'organiser pour éviter que certains pays en développement ne soient des « orphelins de l'aide » ? Quelle est la vision de l'UE pour l'architecture du développement à l'horizon 2020 et comment faire de l'aide publique au développement le levier d'un développement économique social durable ?
La préparation de la conférence de Doha sur le financement du développement, qui nécessitera une étroite concertation européenne, mobilisera les ministres. La contribution de Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre allemande et envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour cette conférence, et celle d'Erik Solheim, ministre norvégien et cofacilitateur du processus de Doha, seront d'un précieux concours. (A.N.)