Bruxelles, 03/06/2008 (Agence Europe) - Les vacances d'été se profilent et les citoyens européens vont multiplier à cette occasion leurs déplacements dans d'autres États membres avec, pour conséquence malheureuse, une augmentation des accidents. Si le numéro gratuit d'appel d'urgence européen 112 commence à jouir d'une certaine notoriété, les voyageurs n'ont pas toujours le réflexe de l'utiliser en dehors des frontières nationales. La Commission européenne a annoncé, mardi 3 juin, qu'elle avait décidé d'intensifier ses efforts pour promouvoir l'utilisation de ce numéro au sein de l'Union européenne. Elle a inauguré, à cette fin, un nouveau site Internet, accessible à partir de cette date, qui expliquera aux voyageurs comment utiliser le 112 et quels services ce numéro peut leur rendre, en particulier lorsqu'ils se déplacent dans d'autres États membres. Ce site indique également comment fonctionne le 112 dans chaque pays, avec quelle rapidité les appels sont traités et dans quelles langues. Accessible uniquement en anglais au jour de son lancement, le site a vocation à devenir multilingue afin d'informer le plus grand nombre possible de citoyens.
« Les millions de citoyens qui partent en vacances cet été n'auront qu'un seul numéro d'urgence à retenir, le 112 », a martelé Viviane Reding, commissaire responsable de la société de l'information et des médias. Actuellement, seulement 22% d'entre eux savent que le 112 est disponible ailleurs que dans leur pays, a déploré la commissaire qui regrette le peu de battage médiatique organisé dans les États membres pour informer les citoyens. D'après les derniers chiffres publiés par Eurobaromètre, 71% des répondants ont déclaré n'avoir reçu aucune information à ce sujet en 2007. La commissaire a précisé que le numéro ne remplaçait pas les numéros d'urgence nationaux, qui restent opérationnels aux côtés du 112 sauf au Danemark, en Suède et aux Pays-Bas qui ont décidé, par facilité, de remplacer leur numéro national par le numéro européen. Dressant l'historique du 112, Mme Reding a rappelé que si ce numéro existait déjà depuis 1991, il n'a été rendu obligatoire qu'en 2003. Des procédures d'infraction sont prévues pour les États membres qui ne respectent pas la législation communautaire afférente. Au total, la Commission a engagé 16 procédures contre 15 pays dans lesquels le 112 ou le service de localisation de l'appelant ne fonctionne pas. Neuf de ces procédures ont été closes après que des mesures correctives eurent été prises. Á ce jour, seule la Bulgarie ne garantit pas l'accessibilité du 112 sur l'ensemble de son territoire (seule la région de Sofia est couverte) et une procédure d'infraction est en cours à ce sujet, que la Commission espère clôturer dès l'automne, si elle reçoit les garanties promises par les autorités bulgares de remédier à cet état de fait. D'autres lacunes ont été relevées dans des États membres: absence de localisation de l'appelant pour les appels 112 à partir de téléphones mobiles (c'est le cas en Italie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Roumanie et en Slovaquie ; ces pays font actuellement l'objet de procédures d'infraction) ; absence d'informations sur les temps de réponse aux appels au 112 une fois la connexion établie (Belgique, France, Italie, Chypre, Luxembourg, Malte, Pologne, Roumanie et Slovaquie) ; absence d'informations sur la capacité des centres d'urgence nationaux de répondre aux appels au 112 dans au moins une langue communautaire autre que la langue nationale ou officielle (Belgique, Irlande, Italie, Chypre, Lettonie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Roumanie et Slovaquie).
Sur base des informations fournies par les États membres, le site http: //http://www.ec.europa.eu/112 compare les résultats concernant l'application des règles relatives au 112 et met en avant les meilleures pratiques. Par exemple: - traitement rapide des appels: les États membres ont communiqué les temps de réponse aux appels au 112 une fois la connexion établie. Au moins 97% des appels sont pris en compte dans les 20 secondes en République tchèque, en Espagne et au Royaume-Uni et au moins 71% dans les 10 secondes aux Pays-Bas et en Finlande ; - multilinguisme : 17 pays ont indiqué être en mesure de répondre aux appels au 112 dans des langues de l'UE autres que la langue nationale. Les centres d'appels d'urgence peuvent traiter des appels en anglais dans 16 pays (Autriche, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Allemagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Grèce, Lituanie, Malte, Pays-Bas, Slovénie, Espagne et Suède). Sept pays ont déclaré pouvoir répondre à un appel dans la langue d'un État voisin (Bulgarie, Allemagne, Estonie, Espagne, Lituanie, Hongrie et Slovénie). Plusieurs pays ont pris des dispositions particulières pour que les centres d'appel puissent répondre dans d'autres langues étrangères en transmettant ces appels à d'autres centres ayant du personnel compétent (République tchèque, Grèce, Slovénie et Espagne) ou disposant de services d'interprétation (Finlande, France, Pays-Bas, Espagne, Suède et Royaume-Uni) ; information au public: 4 pays diffusent des programmes TV pour promouvoir le 112 (Chypre, République tchèque, Lettonie et Suède) ; la Finlande et la Roumanie célèbrent « la journée du 112 » le 11 février ; l'Autriche et la Hongrie diffusent des panneaux d'information sur les autoroutes ; des dépliants sont distribués sur les aires de péage en Espagne et la Hongrie signale par SMS l'opérabilité du 112 sur son territoire. (I.L.)