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Bulletin Quotidien Europe N° 9650
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2008, année test pour l'agence Frontex

Bruxelles, 24/04/2008 (Agence Europe) - Alors qu'on s'attend, cette année encore, à des arrivées nombreuses d'immigrés clandestins sur les côtes sud de l'Union européenne, les députés européens ont une nouvelle fois appelé les Etats membres à lutter de manière solidaire contre l'immigration illégale et ce, en partie grâce au travail de la jeune agence Frontex. « La Commission considère 2008 comme une année test » pour Frontex, a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Jacques Barrot, lors d'un débat organisé, mercredi 23 avril, au Parlement européen à Strasbourg.

Selon le commissaire, la capacité opérationnelle de l'agence est renforcée: le budget global de Frontex est plus élevé (70 millions d'euros), la base Crate (« Central record of available technical equipment ») est complètement opérationnelle avec notamment la mise à disposition par les Etats membres de 18 avions, 20 hélicoptères, 105 navires, et les équipes d'intervention rapide sont en place. Si cette année sera effectivement un test pour l'agence, celle-ci n'est qu' « une partie de la solution » pour lutter contre l'immigration illégale et elle doit « prouver qu'elle mérite le soutien du Parlement », a indiqué Simon Busuttil (PPE-DE, maltais), insistant notamment pour que les Etats membres coopèrent et se « partagent le fardeau, plutôt que de s'accuser les uns les autres » et pour que le Conseil évite systématiquement d'aborder ce sujet. Au nom du groupe PSE, l'Italien Claudia Fava a rappelé que Frontex est une « agence de coordination » qui n'est pas chargée de gérer les frontières, tâche qui incombe aux Etats membres. Pour Jeanine Hennis-Plasschaert (ADLE, néerlandaise), il est indispensable pour les Etats de se soumettre au principe de la « solidarité obligatoire » s'ils veulent réellement répondre aux défis de l'immigration. Frontex se militarise et la politique consiste à choisir les meilleurs migrants et à refouler les autres, a déploré Tobias Pflüger (GUE/NGL, allemand), lequel a appelé à « dissoudre Frontex ». Koenraad Dillen (NI, belge) a rappelé que Frontex ne peut fonctionner qu'avec le soutien politique et technique des Etats membres qui sont malheureusement « plus ou moins actifs en la matière ». « Frontex ne serait-il pas un paratonnerre destiné à calmer les citoyens européens ? », s'est interrogé le député. Pour Patrick Gaubert (PPE-DE, français), Frontex a une mission claire: « protéger nos frontières pour protéger nos concitoyens (...) Aussi, Frontex doit pouvoir agir plus vite, plus en amont, plus intelligemment ». Par conséquent, a-t-il ajouté, les Etats membres doivent mettre à la disposition de l'Agence l'ensemble des moyens nécessaires à la réalisation de ses missions. Affirmant que la négligence des grands principes et le manque de volonté politique menacent le bon fonctionnement de cette Agence, il a énuméré les principes de responsabilité, de solidarité, de respect des engagements devant être rappelés à chaque Etat membre.

En conclusion, le secrétaire d'Etat slovène aux Affaires européennes, Janez Lenarèiè, a déclaré que « le Conseil n'évite rien », citant la directive sur le retour comme étant un aspect important de la lutte contre l'immigration clandestine (voir autre nouvelle). Refusant de dire que la solidarité « est inexistante », il a cependant assuré qu'on pouvait l'améliorer. M. Barrot a déclaré avoir pris bonne note des questions et réflexions présentées par les députés. Il a affirmé qu'une prochaine étape consisterait à mettre en place un système plus contraignant pour les Etats membres. De même, « pour les lieux géographiquement particulièrement exposés, on pourrait imaginer des centres opérationnels permanents, ce sur quoi Frontex travaille ». Insistant sur le fait que le secours des naufragés relève de la compétence des Etats membres, il a toutefois souligné que les actions coordonnées par Frontex ont déjà permis de sauver des vies. Il a également rappelé que l'UE doit commencer à gérer les flux migratoires, ce qui ne se fera pas uniquement à travers la surveillance des frontières extérieures. Une approche globale de la migration est nécessaire, de même qu'une coopération étroite avec les pays d'origine, a-t-il souligné. (B.C.)

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