Bruxelles, 08/04/2008 (Agence Europe) - Le Parti Populaire Européen (PPE) fera de la question des futures frontières de l'Union européenne un des sujets phare de sa campagne pour les élections européennes de 2009, a annoncé, mardi 8 février, l'eurodéputé français Alain Lamassoure. « La question des frontières ultimes de l'UE fera partie de notre manifeste politique » que le PPE est actuellement en train de préparer, a-t-il dit lors d'une conférence sur l'élargissement et la consolidation de l'UE, organisée par le Centre for European Studies et la Fondation Hanns-Seidel à Bruxelles. Wilfried Martens, président du PPE, a confirmé à EUROPE que la campagne électorale sera focalisée sur « ce que nous voulons faire de cette Union européenne » et, par conséquent, aussi sur les frontières extérieures de l'UE. Mais, a-t-il relativisé, le débat sur les frontières doit rester « secondaire » par rapport à celui sur le sens et le « véritable objectif » de l'intégration européenne.
La Turquie - pour qui le PPE propose un « partenariat privilégié » au lieu d'une adhésion - risque de faire les frais de ce débat. Mardi, lors de la conférence, M. Lamassoure en a donné un avant-goût. « Il y a trop d'hypocrites en Europe: dans les gouvernements, dans les oppositions et dans les peuples », a-t-il dit. On négocie l'adhésion de la Turquie « mais aucun pays membre n'est prêt à financer le coût d'une future adhésion de la Turquie, tout comme aucun député européen n'est prêt à libérer sa place au Parlement » (où le nombre de sièges sera plafonné une fois pour toutes avec le Traité de Lisbonne) pour permettre l'arrivée du grand nombre d'eurodéputés auquel la Turquie aurait droit, a dit M. Lamassoure. Il y a aussi une « très forte opposition » des citoyens dans la plupart des Etats membres « que l'UE ne peut pas ignorer », ajoute-t-il.
M. Lamassoure prédit aussi un « changement fondamental » dans le fonctionnement de la politique d'élargissement avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne début 2009. « La question, à l'avenir, ne sera plus de savoir où seront fixés les frontières de l'UE, mais qui aura le pouvoir d'en décider ». « Avec le Traité de Lisbonne, ce ne seront plus le Conseil européen ou les Etats membres qui décideront, mais les citoyens de l'Europe. Cela changera tout. Les négociations d'adhésion ne seront plus longtemps 'business as usual' », a affirmé l'élu de l'UMP. Il a aussi estimé qu'au moment de décider de l'ouverture de nouvelles négociations d'adhésion, l'UE devra faire une distinction entre les pays candidats qui sont reconnus sans problème sur le plan international et ceux qui ont une structure étatique contestée ou instable (« would-be-states »), comme c'est le cas pour l'instant de la Bosnie-Herzégovine (« l'Accord de Dayton ne fonctionne pas », a-t-il dit). L'UE doit tirer les leçons de l' « erreur » qu'elle a commise, selon M. Lamassoure, au moment où elle a accepté d'admettre Chypre sans qu'une solution n'ait été trouvée au problème de la division de l'île. (H.B.)