Bruxelles, 08/04/2008 (Agence Europe) - Androulla Vassiliou a consacré, lundi 7 avril, sa première intervention publique à la lutte contre le cancer, un dossier qui lui tient visiblement à cœur. Dans le cadre d'une conférence organisée à Bruxelles par la « European Cancer Patient Coalition », la nouvelle commissaire européenne à la Santé (sa nomination doit être approuvée par le Parlement européen ce mercredi 9 avril) a souligné que, chaque année, 3,2 millions d'Européens sont diagnostiqués avec un cancer. Mais le cancer ne frappe pas de la même manière dans toute l'Union: il y a quatre fois plus de cas de cancer du col de l'utérus en Bulgarie qu'en Finlande et le risque d'en mourir est cinq fois plus élevé en Lituanie qu'en Italie, a constaté Mme Vassiliou.
Tout en rappelant que la prévention primaire est déjà une ancienne priorité de l'action communautaire, Androulla Vassiliou a souligné la nécessité de développer la vaccination lorsqu'elle est possible, comme dans le cas du papillomavirus, et l'utilisation des traitements antibactériens (elle a évoqué l'objectif d'éradication de l'hélicobacter Pylori). Les bénéfices qui peuvent être obtenus par la généralisation du dépistage sont considérables, a-t-elle souligné en indiquant que 55 millions de personnes ont subi un dépistage des cancers du sein, du col de l'utérus ou colorectal au cours de l'an dernier dans 24 Etats membres de l'UE. « Ce n'est qu'un début. Des progrès considérables peuvent encore être faits », souligne Mme Vassiliou en rappelant que ce résultat est inférieur de moitié à l'objectif de 125 millions d'examens annuels prévu par la recommandation du Conseil sur le dépistage. De même, si la mortalité due au cancer avait régressé de 9% en 2000, on est encore loin de l'objectif de 15% fixé en 1987 dans le programme « L'Europe contre le cancer ». Dans ces conditions, « le cancer reste la priorité de la Communauté européenne », affirme Mme Vassiliou, non sans rappeler que l'on estime généralement que le nombre de décès dus au cancer va augmenter considérablement à l'horizon 2015. Et d'expliquer que la Commission européenne va présenter l'an prochain une communication concernant un plan d'action qui couvrira la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic, le traitement, la réhabilitation et les soins palliatifs. D'autres efforts doivent porter sur les facteurs de risque (alimentation, tabagisme, alcool, drogues, comportements) et sur la recherche. (O.J.)