Varsovie, 23/11/2007 (Agence Europe) - C'est un retour de la Pologne en Europe qu'a promis le nouveau Premier ministre polonais, Donald Tusk, le 23 novembre à Varsovie. Présentant le programme du nouveau gouvernement issu des élections anticipées du 21 octobre, le Premier ministre a indiqué qu'il renonçait à la politique de « division » menée par son prédécesseur du Parti droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, promettant une « normalisation » tant au plan intérieur qu'au plan international. Il a toutefois confirmé que la Pologne signerait le Traité de l'UE en « respectant les dispositions négociées » par le précédent gouvernement. M. Tusk a appelé également au dialogue avec la Russie et a promis un renforcement des relations avec l'Allemagne et la France.
La Charte des droits fondamentaux. La ratification du traité modificatif par la diète polonaise sera faite « le plus vite possible », a déclaré M. Tusk, avant d'annoncer que ce serait lui, accompagné par le président polonais Lech Kaczynski, qui signerait le traité le 19 décembre à Lisbonne.
Indiquant que la Pologne respectera « les dispositions négociées », il confirme son intention de maintenir l'opt-out sur la Charte des droits fondamentaux, ainsi que l'accord trouvé sur le compromis de Ioannina. La coalition au pouvoir pourra ainsi compter sur les voix du PiS lors de la ratification du traité par le parlement polonais (le texte doit en effet être ratifié par une majorité des deux tiers des voix, or, les partis de la coalition PO-PSL ne disposaient pas d'une telle majorité). « J'ai reçu des informations de la part du président (Lech Kaczynski) selon lesquelles un autre type de signature (du traité) mettrait en péril le processus de ratification », a expliqué M. Tusk. S'agissant de l'adoption par la Pologne de l'euro, M. Tusk est resté plus vague, se limitant à affirmer que l'adhésion la plus rapide possible sera un objectif prioritaire du nouveau gouvernement. Officieusement, on maintient la date évoquée au préalable par M. Tusk, indiquant que cette adhésion pourrait avoir lieu d'ici 4 ans.
Relations internationales. Rétablir la politique de consensus et la solidarité dans les relations internationales est le mot d'ordre du nouveau Premier ministre, qui a promis une « amélioration des relations avec la France et l'Allemagne », ainsi que le maintien « des relations traditionnellement amicales avec le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie ». En évoquant le partenariat avec les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie) et avec les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), M. Tusk a réaffirmé les aspirations polonaises en faveur d'un approfondissement de « la dimension Est » de l'UE. Il n'a toutefois pas clairement évoqué le futur élargissement de l'UE aux pays des Balkans, ni parlé d'une perspective européenne de l'Ukraine. « Même si nous avons une opinion sur la situation en Russie, nous voulons un dialogue », a-t-il ensuite déclaré. Pas question d'abandonner le veto polonais sur le lancement des négociations du nouveau partenariat UE - Russie aussi longtemps que la Pologne ne sera pas traitée par son voisin de l'Est sur un pied d'égalité avec les autres Etats membres de l'UE, a-t-il martelé. En s'éloignant nettement du discours pro-américain de son prédécesseur, M. Tusk a opté à la fois pour « une Pologne qui soit forte au sein de l'Union européenne » et qui maintienne par ailleurs son partenariat avec les Etats-Unis, en particulier en matière de défense. L'OTAN reste « le garant majeur » de la sécurité polonaise, a par ailleurs estimé M. Tusk. Une politique du consensus, a-t-il poursuivi, sera aussi recherchée à propos du bouclier antimissile américain, dont des éléments devraient être installés sur le territoire polonais et en République tchèque. Et d'annoncer « des consultations avec l'OTAN » et certains pays voisins, notamment la République tchèque (le ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, sera en Pologne la semaine prochaine) et la Russie. (A.By.)