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Bulletin Quotidien Europe N° 9516
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/soudan

La précipitation pourrait nuire à une résolution des conflits au Darfour, estime le représentant spécial de l'UE au Soudan

Bruxelles, 04/10/2007 (Agence Europe) - « Tout est mouvement, les groupes rebelles continuent à se fragmenter (…), le processus de paix (au Darfour - NDLR) sera compliqué. Il faut du temps, sinon nous essuierons les mêmes échecs qu'avant ». Tel est, dans les grandes lignes, le tableau pessimiste que le représentant spécial de l'UE au Soudan, l'ambassadeur Torben Brylle, a brossé mercredi 3 octobre devant la commission du développement du Parlement européen sur la situation dans cette partie de l'Afrique, quelques jours après que la force africaine déployée au Darfour eut été frappée par un attentat meurtrier et alors que le Conseil des ministres de l'UE devrait décider sous peu du déploiement en novembre d'une force européenne de quelque 2500 hommes aux frontières tchadienne et centrafricaine du Darfour pour protéger les réfugiés de cette région soudanaise.

Torben Brylle s'est d'emblée félicité des résultats de la réunion d'Arusha, qui a rassemblé du 3 au 6 août dernier des personnalités de premier plan représentant les parties au conflit du Darfour non signataires de l'accord de paix (voir EUROPE n° 9484). Il a toutefois manifesté l'espoir que l'attentat perpétré le 30 septembre contre la force africaine déployée au Darfour ne brise pas « l'élan » donné par la réunion d'Arusha. « Il y a une fragmentation des mouvements (rebelles) qui est peut-être à l'origine des attaques, il y a aussi des dissensions entre les pays de la région », a-t-il admis. Quoi qu'il en soit, le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles devraient entamer des négociations le 27 octobre en Libye, a-t-il confirmé, se référant à des propos du secrétaire général de l'ONU. Répondant aux questions de Frithjof Schmidt (Verts/ALE, Allemagne) et de Luisa Morgantini (GUE/NGL, Italie), le diplomate a reconnu que certains mouvements demandaient un ajournement des négociations, que certains leaders rebelles ne souhaitaient pas participer aux pourparlers et qu'il était « difficile d'identifier les parties prenantes », rappelant une fois encore la fragmentation des mouvements. Dans ces conditions, M. Brylle a estimé que la communauté internationale et les pays de la région devaient « exercer une influence sur ces mouvements ». Pour l'UE en particulier, il s'agit de « maintenir les échanges avec les mouvements clés et les pays de la région », a-t-il insisté.

Le représentant spécial de l'UE au Soudan s'attend par ailleurs à ce que la mise en place de la force conjointe de quelque 26 000 hommes de l'Union africaine (UA) et de l'ONU, en novembre prochain, « ait une incidence positive ». Reste qu'en tout état de cause, il faudra, selon lui, laisser du temps au temps pour aboutir à une solution politique permettant de sécuriser la région et de la sortir du chaos. (ol)

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