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Bulletin Quotidien Europe N° 9513
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/politique regionale

La politique de cohésion est la démonstration concrète de la solidarité européenne - Conclusions du 4ème Forum européen

Bruxelles, 01/10/2007 (Agence Europe) - De quelle politique de cohésion l'Europe a-t-elle besoin au 21ème siècle ? Telle est la question qui a sous-tendu, durant deux jours, les réflexions des participants au 4ème forum européen sur la cohésion pour essayer d'améliorer les résultats de cette politique et d'en accroître la valeur ajoutée (voir EUROPE n° 9511). Au cours de ce Forum, tous les participants ont reconnu que la politique de cohésion est la démonstration concrète de la solidarité européenne, qu'elle doit rester l'affaire de tous. La valeur ajoutée de cette politique est qu'elle s'inspire des valeurs européennes de justice, de solidarité et d'entraide. Elle est donc apparue comme n'étant pas seulement une politique qui fait de la redistribution de revenus. Le lien étroit entre la politique de cohésion et la stratégie de Lisbonne, mais aussi la faculté d'adaptation de cette politique aux temps modernes et aux défis d'avenir (climat, mondialisation, démographie, migrations entre autres) ont également été mis en relief par les congressistes.

Danuta Hübner: il faut s'assurer qu'il y ait une cohérence entre les actions visant à promouvoir la compétitivité et celles visant à promouvoir la territorialité

A l'issue de ces deux journées de réflexion qu'elle a présidées, la commissaire européenne à la Politique régionale, Danuta Hübner, a adressé quelques messages pour l'avenir de la politique de cohésion: « (1) le rattrapage des régions plus défavorisées dépend d'un effort conjoint pour aller de l'avant dans un monde de plus en plus globalisé ; (2) la politique de cohésion doit présenter les aspects qualitatifs de la croissance et de la durabilité ; (3) cette politique devrait fonctionner au niveau européen pour accroître l'efficacité régionale pour une meilleure gouvernance ». Mme Hübner s'est attardée sur l'aspect territorial de la cohésion. « On espère que la cohésion territoriale va devenir, avec la cohésion économique et sociale, un élément du Traité », a-t-elle commenté en posant la question des nouvelles applications de cette cohésion territoriale. « Nous voyons trop la cohésion territoriale sous l'angle géographique. Il faut s'écarter de cette approche parcellaire », a affirmé la commissaire pour qui il faut: « s'assurer qu'il y ait une cohérence entre les actions visant à promouvoir la compétitivité et celles visant à promouvoir la territorialité, et réfléchir à des stratégies pour les zones rurales ».

José Socrates: la valeur ajoutée de la politique de cohésion, c'est qu'elle s'inspire des valeurs de justice, de solidarité, d'entraide

Partant du principe que les politiques sont toujours mesurées en fonction de leurs résultats, le Premier ministre portugais José Socrates a déclaré: « S'il y a une politique qui peut s'enorgueillir de ses résultats, c'est la politique de cohésion, qui a permis au Portugal, à l'Espagne et à la Grèce de progresser ». Mais, a poursuivi le président du Conseil européen, « cette politique est quelque chose de plus qu'une politique qui fait de la redistribution de revenus. Elle porte sur ce qu'il y a de meilleur en Europe, s'inspire des valeurs de justice, de solidarité et d'entraide, elle se fonde sur l'idée que personne ne peut être laissé pour compte et permet l'accès aux biens et services de la société moderne. C'est une politique qui a des résultats, qui est généreuse ». Quant à l'avenir de la politique de cohésion, M. Socrates a indiqué que la politique de cohésion doit (1) se moderniser et s'améliorer pour rester ancrée dans le temps présent et répondre aux défis futurs, (2) s'aligner sur les objectifs de la stratégie de Lisbonne (notamment dans les domaines des nouvelles technologies et de l'innovation) et les importer dans les régions moins développées, (3) garder à l'esprit la nécessité d'une plus grande sélectivité des projets et n'en retenir que les meilleurs. « C'est pourquoi le cadre de référence stratégique national portugais est orienté vers la sélectivité », a précisé le Premier ministre tout en rappelant que « croissance économique et cohésion s'alimentent mutuellement, partagent les mêmes objectifs (…) Nous voulons plus de marché intérieur car cela signifie plus de croissance et plus de cohésion ». Pour conclure, M.Socrates a rappelé que le but de la politique de cohésion est de développer les régions les plus défavorisées. « Quel que soit le type de modernisation qu'elle connaît, l'objectif reste le même: un modèle européen où tout le monde participe au développement. C'est ce que veut l'Europe: la politique de cohésion existe parce qu'il y a des valeurs européennes à réaliser. La politique de cohésion est une priorité de notre Présidence. Nous voulons construire une politique de cohésion à la hauteur des défis d'avenir de l'Europe », a-t-il conclu.

Nikolaus van der Pas: il y a un lien très étroit entre politique de cohésion et stratégie de Lisbonne

En présentant les conclusions de la session consacrée aux « nouveaux défis de l'UE et ses régions », le directeur général de la DG Emploi, Affaires sociales et Egalité des chances à la Commission européenne, Nikolaus van der Pas, a expliqué que les intervenants ont insisté sur: - l'impératif de solidarité de la politique de cohésion dans une Union élargie ; - son aspect social ; - la nécessité de se concentrer sur les régions défavorisées aux besoins diversifiés ; - la nécessité de répondre aux défis de la démographie et des migrations. Ce qui a également « frappé » M.van der Pas, c'est la mise en exergue du lien « très étroit » entre politique de cohésion et stratégie de Lisbonne. « Ce concept a été évoqué comme un engagement politique de la part des ministres qui se sont exprimés au nom de leur pays », a constaté le directeur général. Les régions doivent aussi devenir plus compétitives, bénéficier d'une main-d'œuvre plus qualifiée et investir dans la recherche. La politique régionale ne doit pas être uniquement une redistribution de revenus, elle doit viser « plus grand », a poursuivi Nikolaus van der Pas. Enfin, il faut une gouvernance multi- niveaux pour surmonter le paradoxe de la politique régionale. Pour conclure, M.van der Pas a souligné la valeur ajoutée de la politique de cohésion: « il faut plus d'efficacité, moins de bureaucratie et plus de simplification (…) Il n'y a pas de contradiction entre les valeurs européennes et la valeur de l'Europe: la politique de cohésion, c'est la concrétisation de cette affirmation ».

Dirk Ahner: la politique de cohésion doit être la politique d'intégration par excellence

Dans le même registre, pour la session portant sur le thème « Relever les défis: les régions, actrices de la croissance et de la compétitivité », Dirk Ahner, directeur général de la DG Politique régionale à la Commission européenne, a rappelé que la politique de cohésion représentait 35% du budget moyen européen. C'est pourquoi elle a un impact sur le terrain, a-t-il noté en concluant qu'à l'avenir, cette politique prendra de plus en plus d'importance vu les défis à relever (climat, compétitivité, etc.). Nous aurons besoin de plus en plus d'interventions publiques pour plus de solidarité. « La cohésion ne peut se réaliser que via l'amélioration de la compétitivité en investissant dans les technologies », a poursuivi M. Ahner en ajoutant: « La politique de cohésion est une politique structurelle basée sur une vision commune de l'avenir. Elle doit être une politique d'intégration par excellence ».

Claudio Martini: les régions sont prêtes à participer au projet européen, y compris financièrement

Dans son intervention lors de cette session, le président de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM), Claudio Martini, a affirmé que « l'association des régions à la création et à la mise en œuvre des politiques est aujourd'hui encore très variable, et globalement insuffisante même si la reconnaissance du niveau régional dans le projet de Traité est un pas en avant ». Pour le président Martini, les régions sont des réservoirs de croissance qu'il faut stimuler. « Nous avons bien compris qu'il ne sera plus envisageable à l'avenir d'aller chercher auprès des autorités européennes les fonds communautaires comme notre dû. En revanche, les régions sont aujourd'hui prêtes à participer pleinement au projet européen, y compris financièrement, à travers le cofinancement des projets. Mais à une condition: qu'elles puissent être associées à la définition d'objectifs partagés et des moyens à mettre en place ». Pour Claudio Martini, l'Europe doit « choisir de se battre pour ses valeurs fondatrices en les promouvant à l'échelle mondiale ». (gb)

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